Banque Mondiale: les agences de promotion MED peuvent mieux faire

26/05/2009
Source : Groupe Banque mondiale
Pays de destination(s) : Algérie, Palestine, Chypre, Egypte, Euromed, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie
Secteur(s) concerné(s) : Autre ou non spécifié

Dans son Indice Global de Promotion de l’Investissement 2009, la Banque Mondiale prend bonne note des progrès réalisés par les agences de MENA. La région occupe cependant l'avant-dernière place du classement, devant l’Afrique sub-saharienne.


L’Indice Global de Promotion de l’Investissement 2009 n’est guère favorable aux agences des pays MED (pays bordant le Sud de la Méditerranée, depuis le Maroc jusqu’à la Turquie, en passant par Israël).

Au moyen de cet outil, qui prétend mesurer et comparer « la capacité de [plus de 200 acteurs de la promotion des investissements de par le monde] à satisfaire les besoins en informations des investisseurs au stade préliminaire du processus d’investissement » les services du groupe Banque Mondiale dédiés aux métiers de la promotion de l’investissement [Foreign Investment Advisory Services (FIAS)] classent la région MENA (Afrique du Nord, Proche-Orient et Moyen-Orient) en avant dernière place, juste derrière l’Asie du Sud et devant l’Afrique subsaharienne.

Les progrès enregistrés par les agences de cette région depuis la dernière évaluation de 2006 sont cependant notables. Le réseau ANIMA, qui regroupe 70 acteurs du développement économique en Méditerranée, dont de nombreuses agences de promotions, se félicite des avancées ainsi consacrées tout en prenant la mesure du chemin qui reste à parcourir.

Afin d’évaluer les performances relatives des API, en matière de services pre-investissement le groupe Banque mondiale a crée l’Indice Global de la Promotion de l’Investissement (IGPI). Cet indice tient compte de:

  • La qualité de l’information et des services pre-investissement fournis aux investisseurs potentiels par le biais de leurs sites Internet respectifs (50% du score final). Selon une enquête du cabinet Development Counsellors International (DCI) citée par la Banque Mondiale, « le pourcentage de sociétés qui considèrent le site Internet comme l’outil marketing le plus efficace d’une API est passé de 34 % en 2002 à 56 % en 2008 ».
  • La capacité des API à fournir une réponse adaptée (pertinence) et dans les temps à deux demandes-type de renseignements soumises à toutes les API testées (25% du score final chacune). La première demande-type portait sur un projet de production de boissons non-alcolisées, l’autre sur un projet de développement de logiciels. Les deux demandes ont été adressées en langue anglaise, et leurs spécifications adaptées aux ressources disponibles selon le degré de développement économique du pays visé (qualification de la main d'oeuvre, etc.).

Ces deux composantes sont agrégées pour obtenir un indice compris entre 0 et 100%. Il accorde une importance majeure à la pertinence et la qualité de l’information fournie.

En 2009, 181 API nationales et 32 API infranationales ont été évaluées, donnant lieu à la publication d’un rapport comparatif. De manière générale, les pays de l’OCDE à haut revenu ont obtenu les meilleures performances (moyenne de 70%), tandis que la région MENA se classe à l'avant-dernière place (35%), juste derrière l’Asie du Sud (36%) et devant l’Afrique subsaharienne (25%). Contrairement aux autres régions du monde qui comptent toutes au moins un représentant parmi les 25 API nationales les mieux classées (top 25 mondial, dominé par l’agence autrichienne) aucun pays MENA n’y figure. La Turquie, considérée parmi les pays européens, se classe en revanche à la 15ème place mondiale (score de 73,1%) et Chypre à la 25ème (67,9%).

Israël est le seul pays MENA qui obtienne une bonne performance (score de 61%), essentiellement grâce à la qualité de son site Internet, qui se classe 20ème avec un score de 88,9%. Dans la région, le design des sites Internet est jugé bon (moyenne de 73%) mais les informations disponibles sur le pays et les secteurs médiocres (52%), faisant chuter la moyenne régionale pour cette première composante à 56%. En ce qui concerne le traitement des demandes, la moyenne régionale est très faible (15%) ; le projet de services ayant reçu un accueil légèrement meilleur que le projet de production. S’il est possible de joindre les API (68%), la réponse fournie et le suivi des dossiers ne sont en général pas à la hauteur des attentes (6%).

Une progression générale par rapport à 2006 est néanmoins observable (+16%), inférieure à celles de l’Asie de l’Est et de l’Asie du Sud et du Pacifique (+25%) mais supérieure à celle de l’Europe et l’Asie centrale (+13 %). Les pays qui tirent la région vers le haut selon cette étude sont la Jordanie, la Tunisie et l’Egypte. Cette évolution s’explique principalement par une nette amélioration des sites Internet (23%), récompensant les efforts consentis par les API pour fournir en ligne une information sectorielle répondant aux attentes des investisseurs (variation record de +150%). En revanche, la qualité du traitement des demandes personnalisées d’information a légèrement décliné par rapport à 2006. La Jordanie, qui partait d’un niveau très faible sur ce point, est le seul pays qui se distingue, avec une progression de 26%.

Plusieurs API récemment créées ont obtenu de très bons scores : l’étude démontre ainsi que l’efficacité d’une agence ne dépend pas de son ancienneté mais de l’importance accordée à la qualité de l’information produite, de la gestion interne et de la formation du personnel. Elle indique également que les API infranationales, plus réactives aux demandes de renseignements, s’en sortent plutôt mieux que les agences nationales. Pour améliorer leurs performances, les API doivent, selon la Banque mondiale : focaliser et appuyer leurs efforts de promotion (stratégies sectorielles de promotion et informations organisée sectoriellement); obtenir et actualiser constamment l’information (par le biais d’un travail en réseau en particulier); mettre en place des programmes réguliers de formation interne et de contrôle de qualité ; comprendre la concurrence et comparer les points forts de leur territoire.

Toutes ces recommandations constituent depuis de nombreuses années le crédo du réseau ANIMA qui, grâce au soutien de ses partenaires et de la Commission Européenne dans le cadre notamment du programme Invest in Med, se voit ainsi conforté dans ses missions de soutien aux acteurs du développement économique des territoires de la région MED : formations pratiques, missions d’assistance techniques, initiatives sectorielles, etc.

Pour plus de détails, nous vous invitons à télécharger le rapport complet en anglais ou la synthèse en français.

Tel. +33 4 96 11 67 60  
Projets & Services ANIMA