CNUCED: 57,6 milliards de dollars d’IDE pour le voisinage MED en 2007

29/09/2008
Source : CNUCED
Pays de destination(s) : Euromed
Secteur(s) concerné(s) : Autre ou non spécifié

Le Rapport 2008 sur l’investissement dans le monde illustre la consolidation de la position des pays partenaires méditerranéens de l'Union européenne dans la concurrence mondiale pour les IDE.

Le Rapport 2008 sur l’investissement dans le monde, récemment publié par la CNUCED, montre qu’en dépit d’un léger recul, les flux d’Investissements Directs Etrangers (IDE) destinés aux partenaires sud méditerranéens de l’Union Européenne sont restés très conséquents en 2007.

Contexte

En dépit de la crise financière internationale amorcée en juin 2007, les flux mondiaux d’investissements étrangers ont atteint les 1 833 milliards de dollars américains, un record historique. Les flux destinés aux économies développées sont restés largement dominants, tandis que les IDE captés par le monde en développement ont dépassé la barre symbolique des 500 milliards de dollars (en augmentation de 21% par rapport à 2006).

L’Afrique a particulièrement bien tirée son épingle du jeu, avec 53 milliards d’IDE. La CNUCED souligne par ailleurs que l’Afrique compte depuis 2 ans parmi les régions du monde où les investissements étrangers dégagent la plus forte rentabilité. La part de l’Afrique sur le marché mondial des IDE reste faible malgré tout, proche des 3%. L’Afrique du Nord a profité cette année encore de cet afflux de capitaux étrangers, en recevant près de 42% du total destiné à l’Afrique, soit 19,9 milliards d’USD (19,7 milliards en 2006). Les 5 pays d’Afrique du Nord (depuis le Maroc jusqu’à l’Egypte) figurent tous en bonne place dans le palmarès 2007 des 10 principaux pays récepteurs d’IDE en Afrique (l’Egypte est en 2nde position, derrière le Nigeria).

Quoi de neuf pour les pays MED ?

L’ensemble MED est composé de 11 pays: les 9 pays partenaires méditerranéens (PPM) de l’UE, (depuis le Maroc jusqu’à la Syrie, en passant par Israël), plus la Libye, futur pays partenaire, et la Turquie, engagée dans un processus d’adhésion complète.

Cette région a attiré un total de 57,6 milliards d’IDE en 2007 (en recul de 5% par rapport à 2006), ce qui représente une belle performance au regard des flux mesurés sur les 10 dernières années. Ces bons résultats sont toutefois insuffisants, dans la mesure où la part MED des IDE mondiaux (3,15% en 2007, contre 4,3% en 2006) est repassée sous la barre des 4%, qui correspond à son poids démographique relatif.

Selon les dernières données CNUCED, les flux d’IDE dirigés vers le Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye) ont représenté 8,4 milliards de dollars (-12,2%), tandis que le Machrek (Egypte, Palestine, Liban, Jordanie, Syrie) en a attiré 17,1 milliards (+3%), principalement grâce à la performance de l’Egypte (+15% par rapport à 2006). Le Machrek pèse ainsi pour 29,8% du total MED, tandis que le Maghreb en représente seulement 14,6%. Israël et la Turquie, deux économies à part dans la région (respectivement 17,4% et 38,2% du total des IDE MED), ont continué à jouir d’une attractivité inébranlable. La Turquie en particulier profite d’une augmentation de 10% en 2007, établissant un nouveau record après une année 2006 déjà exceptionnelle (20 milliards d’USD cette année-là).

Trois Lions méditerranéens

La Turquie, l’Egypte et Israël ont donc conservé en 2007 leur aura auprès des investisseurs étrangers: les flux entrants d’IDE cumulés pour ces 3 pays ont totalisé 43,6 milliards d’USD, soit les trois quarts du total des investissements étrangers reçus cette année par la région toute entière.

Malgré les turbulences politiques qui accompagnent parfois l’action du gouvernement AKP, l’économie turque a conservé sa réputation de destination sûre pour les investisseurs étrangers. En attirant 22 milliards d’USD en 2007, le pays fait son entrée dans le Top 15 des principaux pays récepteurs d’IDE au monde. Après avoir été sacrée meilleur réformateur au monde par la Banque mondiale en 2006, l’Egypte a été placée en 2007 par la CNUCED à la 2e place du podium africain en matière d’IDE reçus (11,5 milliards, dont la mega-fusion Lafarge-Orascom), et au 20e rang mondial de son Indice de Performance en matière d’IDE. Israël enfin a continué d’enregistrer des flux entrants massifs (14,7 milliards de dollars en 2006 et 10 milliards en 2007).

Analyse-pays

Parmi les pays du Machrek, c’est le Liban qui apporte les meilleures nouvelles : après une longue période de troubles politiques et d’incertitudes économiques, la confiance des investisseurs étrangers semble retrouvée (2,8 milliards d’IDE entrants en 2007, une somme considérable pour un petit pays). Les montants d’IDE entrants destinés à la Syrie ont encore suivi en 2007 la tendance haussière amorcée en 2004 (+48% en 2007 par rapport à 2006), tandis que l’attractivité de la Jordanie a été confirmée par la 6e place que le pays obtient dans le classement mondial de la CNUCED en matière de potentiel-pays.

Dans un contexte plus maussade au Maghreb, le Maroc enregistre une légère hausse des IDE entrants en 2007 (+5%, 2,57 milliards d’USD), tandis que la Libye, sur le point de re-ouvrir les négociations avec l’UE en vue de signer un accord d’association, capte des flux plus toujours plus conséquents d’année en année (2,5 milliards, +26%).

Il convient de mentionner enfin le cas de Chypre, un ancien pays MEDA devenu membre de l’UE en 2004 et de la zone euro en 2008. Cette petite île méditerranéenne qui jouit d’une croissance économique régulière a encore fait l’objet en 2007 d’une attention soutenue de la part des investisseurs étrangers (2 milliards d’USD, +39% par rapport à 2006).

Ralentissement économique, fonds souverains et opportunités méditerranéennes

Le Rapport 2008 sur l’investissement dans le monde mets l’accent sur l’importance croissance des fonds d’investissements souverains dans l’économie mondiale en général, et en matière d’investissement direct étranger en particulier. Selon la CNUCED en effet, ces fonds, qui gèrent des actifs estimés à 5 000 milliards de dollars, «sont de plus en plus tournés vers l’investissement direct étranger».

Le ralentissement économique mondial qui se profile à l’horizon « devrait avoir une incidence négative sur les volumes d’IDE en 2008 », selon la Cnuced, qui estime probable une baisse globale de 10%.
Les pays MED sont cependant bien placés pour résister à cette tendance baissière précisément grâce à l’appétit insatiable des fonds souverains pour toutes les opportunités d’investissement lucratives à leur portée. L’effet de la tourmente qui affecte les marchés financiers occidentaux sur la composition, sectorielle et géographique, des portefeuilles de ces fonds reste incertain, mais il se pourrait bien que cette crise incite leurs gestionnaires à se tourner vers des investissements relativement« plus sûrs », qui sont foison dans plusieurs filières en plein boom en Méditerranée : tourisme, construction, chimie, agro-alimentaire, etc.

Pour plus de détails sur le Rapport 2008 sur l’investissement dans le monde, voir le site internet de la CNUCED
Tel. +33 4 96 11 67 60  
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