Création de la ville nouvelle de Hassi Messaoud: des contrats à remporter

15/04/2008
Source : Oxford Business Group
Pays de destination(s) : Algérie
Secteur(s) concerné(s) : BTP, immobilier, infrastructures, Energies conventionnelles

Face au développement du secteur des hydrocarbures, en particulier du gaz, le gouvernement a décidé la création d'une ville nouvelle dont la construction sera en partie prise en charge et financée par le privé.

Algérie: Ambitions énergétiques

par Oxford Business Group

Suite à l'annonce d'investissements massifs de la Sonatrach et de la Sonelgaz dans le secteur de l'énergie, le ministre de l'Énergie et des mines, Chakib Khelil, a annoncé la création d'une nouvelle ville à Hassi Messaoud pour subvenir aux besoins logistiques dans cette région phare de la production énergétique de l'Algérie.

Une enveloppe de 6 milliards de dollars sera consacrée au projet en vue de garantir la sédentarisation des travailleurs et de leurs familles dans la région, principal centre pétrolier et gazier du pays. L'objectif est de préserver le tissu urbain des risques industriels et de répondre à la demande de plus en plus pressante des compagnies qui y sont installées.

L'État a néanmoins souligné qu'il n'assumerait pas seul le financement de ce projet destiné à subvenir aux besoins croissants des activités indirectement liées au secteur énergétique du sud de l'Algérie. Les autorités publiques se sont engagées à débourser 50 milliards de dinars, soit 775 millions de dollars, pour le lancement de la partie engineering liée à la réalisation des etudes et la mise en oeuvre du suivi, du contrôle et de la coordination des travaux.

« Les compagnies pétrolières présentes dans la région, dont la compagnie nationale Sonatrach, participeront au financement des travaux de réalisation de leurs nouveaux sièges sociaux dans le site prévu pour la nouvelle ville » a précisé M. Khelil.

L'Établissement de la ville nouvelle d'Hassi Messaoud (EVNH) a validé les offres de deux soumissionnaires, à savoir le consortium sud-coréen Hassi Messaoud Korea Consortium (HMKC) et le groupement franco-tunisien Iosim international/Studi international. Le nom de l'acquéreur du marché sera connu dans les prochains jours. Le délai de réalisation de la totalité des travaux a été fixé à 76 mois dont 16 mois de travaux d'engineering.

« Le secteur des hydrocarbures a prévu un programme d'investissement de l'ordre de 45,60 milliards de dollars pour la période de 2007-2011 dont 26,20 milliards alloués aux programmes d'exploitation et de développement des hydrocarbures » a indiqué M. Khelil.

En effet, l'Algérie prévoit d'augmenter sa capacité de production pour atteindre les 2 millions de barils de pétrole et 85 milliards de mètres cubes de gaz à l'horizon 2010.

Source d'énergie plus facilement transportable, le gaz naturel est en train de devenir la source d'énergie la plus convoitée en Algérie. L'Algérie exporte 94% des réserves en gaz naturel de toute la région Méditerranée. Elle est le troisième pourvoyeur de l'Union européenne et le 4e exportateur sur le marché mondial, après la Russie, le Canada et la Norvège.

Les spécialistes de l'énergie estiment que sur les réserves algériennes initiales prouvées d'environ 4600 milliards de mètres cubes, 80% d'entre elles sont récupérables alors que 15% ont déjà été exploitées. Environ 1000 milliards de mètres cubes supplémentaires sont considérés comme réserves probables.

L'Algérie entend réaliser deux projets de production de Gaz naturel liquéfié (GNL) d'une capacité de 4,5 millions de tonnes chacun. Les deux projets devraient démarrer en 2011-2012 et permettront à l'Algérie d'augmenter ses exportations annuelles de gaz de 30%. Actuellement, les exportations sont de l'ordre de 62 milliards de mètres cubes, dont la moitié sous forme de GNL, principalement vers les États-Unis et l'Union européenne.

Parallèlement, la Sonatrach a signé le 2 mars dernier un accord avec la société norvégienne StatoilHydro pour qu'elle puisse augmenter sa production de GNL en Algérie. En retour, la Sonatrach aura accès à l'un de ses terminaux à l'étranger.

« Cet accord permettra d'une part à la Sonatrach de disposer d'une capacité de regazéification de l'ordre de 20 milliards de m3 par an sur une durée de 15 ans à partir de 2009. D'autre part, cela permettra aussi à StatoilHydro d'avoir accès à 1 milliard de m3/an que fournira Sonatrach, également sur une période de 15 ans à partir de 2009 » Kare Rosandhaug, directeur général de StatoilHydro, a dit à OBG.

Les exportations de gaz algérien représentent actuellement 30% des revenus générés par les ventes d'hydrocarbures, soit 15 à 18 milliards de dollars par an, un résultat qui est amené à progresser à l'avenir dans la mesure où l'Algérie compte augmenter sa production, non seulement parce que les ressources sont disponibles, mais aussi pour consolider ses bénéfices sur le marché européen, principal acheteur de l'Algérie.

« Le segment du gaz deviendra le centre d'intérêt de la Sonatrach et la compagnie nationale aspire à maîtriser entièrement la filière gaz. Cela signifie qu'il faut mettre en oeuvre une stratégie intégrée pour l'exploitation des champs gaziers, la production et le transport du gaz à l'échelle nationale et internationale, pour ensuite mettre l'accent sur le développement du GNL et tirer maximum profit de sa valeur ajoutée » a dit Mohamed Meziane, PDG de la Sonatrach.

Les projets en matière de transport suivent cette logique de très près, comme en témoigne l'avancement des travaux des gazoducs Medgaz et Galsi, qui relieront directement l'Algérie à l'Europe. Le premier, reliera l'Algérie à l'Espagne avec une capacité de 8 à 10 milliards de mètres cubes par an et le second reliera prochainemente l'Algérie à l'Italie, plus précisément la Sardaigne, avec une capacité initiale de 8 milliards de mètres cubes par an.

« Le Medgaz, qui est né d'un consortium de cinq leaders mondiaux du créneau gazier (Sonatrach, Cepsa, Iberdrola, Endesea et Gaz de France) sera opérationnel au dernier semestre de 2008 et permettra à l'Algérie de conserver sa position dominante en Europe du Sud » confiait à OBG Robert Argiolas, directeur de Gaz de France.

Mais le projet le plus ambitieux et le plus innovateur est sans aucun doute celui du Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP), qui avec ses 4128 km de longueur traversera trois pays (2310 km en Algérie, 841 km au Niger et 137 km au Nigeria) afin de relier les réserves gazières du Golfe de Guinée aux rives de la Méditerranée à destination de l'Europe. Ce gazoduc transportera de 20 à 30 milliards de mètres cubes par an pour un coût global estimé à 13 milliards de dollars.

Annoncé officiellement en mars dernier à Abudja au Nigeria, par le ministre nigérian de l'énergie, Odrein Ajumogobia et Mr. Khelil, ce projet qui ouvrira ses vannes en 2015 permettra de renforcer le role de l'Afrique sur le marché européen, dont les projections de développement prévoient un déficit à partir de 2015.
Tel. +33 4 96 11 67 60  
Projets & Services ANIMA