Crise : le continent africain mis sous pression

12/05/2009
Source : AFP
Pays de destination(s) : Algérie, Egypte, Libye, Maroc, Tunisie
Secteur(s) concerné(s) : Autre ou non spécifié

Souvent perçu à l’abri de la crise financière, le continent africain n’échappera pourtant pas aux effets du ralentissement économique mondial.


Souvent perçu à l’abri de la crise financière, le continent africain n’échappera pourtant pas aux effets du ralentissement économique mondial. Après cinq années de croissance soutenue, l'Afrique devrait connaître "un tassement brutal" en 2009, selon le dernier rapport de l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE). L’édition 2009 des Perspectives économiques en Afrique, analysant 47 pays, a été rendue publique le lundi 11 mai 2009 à Paris.

Selon ce rapport, la croissance en Afrique devrait diminuer de moitié cette année par rapport à l’année dernière, le produit intérieur brut africain passant de 5,7% en 2008, à 2,8% en 2009, et à 4,5% en 2010. Le taux de croissance devrait ainsi diminuer puis se stabiliser tout en restant positif, ce qui incite l’OCDE à considérer ses prévisions comme "plutôt optimistes". Les pays exportateurs de pétrole devraient davantage ressentir les effets de la crise que les économies diversifiées ou exportatrices de produits agricoles. Quant au Maghreb il s’en sort plutôt bien. La croissance du PIB en Afrique du Nord a enregistré une légère amélioration en 2007 et en 2008, et devrait par la suite ralentir. Le taux de croissance devrait ainsi s’établir à 3,3% en 2009 et se redresser à 4,1% en 2010.

Les experts expliquent que l'intégration progressive des pays africains dans la sphère économique globale a accru leur vulnérabilité aux chocs financiers. Cela se traduit notamment par une réduction des investissements étrangers et des transferts d'argents des travailleurs expatriés. Les conséquences de la crise mondiale pourraient "mettre à mal" certaines avancées démocratiques sur le continent, indique l'OCDE. L'effondrement du commerce mondial et la chute du cours des matières premières devraient fortement réduire les revenus et ainsi menacer "la stabilité macro-économique récente si durement acquise". La hausse du prix des denrées alimentaires pourrait susciter des mouvements de contestation et générer une plus grande instabilité dans certains pays.

Malgré les risques de pression inflationniste, le continent africain devrait renouer avec la croissance en 2010. Selon l’OCDE, l’Afrique est mieux armée pour sortir de la crise, du fait de l’adoption depuis plusieurs années de politiques de gestion économique plus prudentes.  Par ailleurs, la dépendance vis-à-vis de la situation économique des pays occidentaux, aujourd'hui en récession, est moins forte. Les pays émergents, et en premier lieu la Chine, manifestent un appétit croissant pour le continent, multipliant les échanges commerciaux et les projets de développement.

[Source : AFP]
 

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