DIASPORAS – Troisième séminaire de mobilisation des diasporas économiques de Méditerranée

30/06/2016
Pays de destination(s) : Jordanie, Liban, Palestine
Secteur(s) concerné(s) : Autre ou non spécifié

Le 3ème séminaire sur la mobilisation des diasporas économiques s’est tenu le 1er juin 2016 à Beyrouth dans le cadre du projet MedGeneration. Suite à l’événement, ANIMA publie un Livre Blanc sur leur contribution à l’investissement en Méditerranée (à paraitre prochainement).


Organisé par la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Beyrouth et du Mont Liban en partenariat avec ANIMA, cet événement constituait le troisième et dernier volet d’un cycle de séminaires de haut niveau, dont les premières éditions s’étaient tenues à Marseille (2014) et Aqaba (2015). Ce séminaire avait pour vocation de capitaliser sur les résultats du projet MedGeneration et d’assurer la continuité du plaidoyer engagé depuis 2 ans pour une stratégie euro-méditerranéenne de mobilisation des talents économiques de la diaspora.

Le séminaire a rassemblé 100 participants parmi lesquels des bailleurs de fonds, réseaux d’affaire, organisations internationales, ONG, organisations de soutien au secteur privé et autorités locales. Des instances régionales de la région telles que l’Union pour la Méditerranée et l’Assemblée Parlementaire de la Méditerranée étaient également présentes pour ce dernier séminaire de plaidoyer.

Les thèmes des sessions reprenaient les recommandations élaborées tout au long de ce cycle de séminaires. Les premières interventions illustraient en effet des bonnes pratiques – issues notamment de l’action de MedGeneration – allant dans le sens de la mise en œuvre de certaines recommandations tandis que d’autres offraient un support de discussion et de plaidoyer auprès des autorités sur les sujets nécessitant de poursuivre les efforts entrepris.

Pour MedGeneration, ce dernier séminaire constituait en effet une occasion unique de remettre aux autorités locales et régionales un livre blanc pour l’adoption d’une stratégie euro-méditerranéenne sur l’engagement des talents des diasporas économiques de la région à l’horizon 2020 ; Livre blanc que les autorités en question se sont engagées à promouvoir au sein de leurs instances.

 

Un Livre Blanc en 6 points :

Véritable fruit du travail entrepris à travers cet axe du projet MedGeneration depuis son démarrage fin 2013, les mesures proposées par ANIMA et  ses partenaires pour lever les freins à l’investissement des diasporas sont regroupées en 6 points distincts. Ces recommandations constituent la base d’un cadre transversal aux questions de mobilité, d’attractivité économique et de coopération, devant être adopté par les décideurs politiques et les acteurs du développement économique des territoires de Méditerranée.

 

  1. Créer dans chaque pays une structure de coordination et de médiation
    Créer dans chaque pays dit d’origine de la diaspora une structure de coordination et de médiation qui puisse devenir l’interlocuteur unique des investisseurs de la diaspora, rassembler les talents de la diaspora, leur proposer un lieu d’échange et de promotion et assurer une meilleure coordination des dispositifs d’accompagnement leur étant destinés.
     
  2. Mettre en œuvre des cadres légaux plus adaptés dans les pays d’origine
    Si la corruption, l’accès difficile au financement pour les entrepreneurs, les faiblesses infrastructurelles ou les lourdeurs administratives restent des challenges à relever pour libérer le plein potentiel d’action des diasporas, il convient également de travailler à la mise sur pied de cadres juridiques adaptés tenant compte des difficultés liées aux questions de double statut des membres des diasporas économiques (favoriser la circulation des compétences, la portabilité des droits, lutter contre la double imposition, etc.)
     
  3. Créer un Fonds Diaspora
    Créer un Fonds Diaspora abondé notamment par les banques publiques d’investissement, qui agirait en co-investissement avec les acteurs financiers partenaires : banques, fonds de capital-risque, réseaux de business angels, acteurs du financement participatif, etc.
     
  4. Encourager les banques et les institutions financières à adapter leurs instruments à la diaspora
    Pour compléter le Fonds Diaspora, d’autres produits financiers associant la diaspora peuvent être développés et constituer des alternatives et des solutions de financement innovantes, répondant aux enjeux de développement social et économique en Méditerranée : crowdfunding, plateforme d’investissement participatif, « Diaspora bonds » émis par les territoires, etc.
     
  5. Créer un réseau ou une plateforme collaborative des diasporas méditerranéennes
    Cette plateforme permettrait l’échange d’expériences entre associations et réseaux, la valorisation des success stories des diasporas, favoriserait le montage de projet de coopération économique entre ces acteurs. Une telle plateforme pourrait en outre produire de l’expertise au bénéfice des acteurs nationaux de la mobilisation des diasporas et devenir l’interlocuteur privilégié des autorités au niveau régional.
     
  6. Encourager les projets de développement ad’ hoc impliquant la diaspora
    Les talents de haut niveau de la diaspora pouvant être des acteurs du changement et d’accélération pour le développement des économies des pays de la Méditerranée, il convient d’encourager et de soutenir des projets ad’ hoc impliquant un soutien des pouvoirs publics à ces talents de haut niveau souhaitant mettre à disposition leur savoir-faire et leurs réseaux. Le soutien apporté à ces projets devrait être fonction des besoins locaux et les stratégies nationales de développement local, de marché et d’emploi. Un tel soutien pourrait être mis en œuvre en particulier dans des secteurs tels que : recherche (santé particulièrement), infrastructures, coopération académique ou soutien à l’entrepreneuriat.

 

Livre Blanc à paraître prochainement

 

 

 

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