La France reste le plus gros investisseur étranger au Maroc

29/05/2008
Source : Le Matin
Pays de destination(s) : Maroc
Secteur(s) concerné(s) : Autre ou non spécifié

Avec près de 40% du total des investissements directs étrangers entrants au Maroc en 2007, les entreprises tricolores restent au premier rang juste devant les investisseurs espagnols.


Selon Le Matin

La France se maintient au premier rang des investisseurs étrangers au Maroc. Selon les données provisoires pour 2007, l'Hexagone s'est accaparé, l'année dernière, à lui seul, près de 40% du total des Investissements directs étrangers (IDE). Les IDE en provenance de ce pays ont en fait atteint 1,3 milliard d'euros, soit 39,6 % du total des IDE entrants au Maroc. Cette performance est due essentiellement au rachat de la Compagnie marocaine de navigation (COMANAV) par l'armateur français CMA-CGM et à la poursuite des implantations françaises dans les secteurs de la sous-traitance (automobile, aéronautique), de l'offshoring, du tourisme, de l'immobilier et des services urbains. De plus, l'implantation annoncée de Renault-Nissan à Tanger devrait, compte tenu des investissements directs prévus par l'entreprise (600 millions à un milliard d'euros) et de ceux probables de ses sous-traitants, générer un flux d'IDE français important au cours des prochaines années, selon la Mission économique française au Maroc.

Il est à noter, selon la même source, que sur la période 2001-2007, les flux d'IDE d'origine française se sont élevés en moyenne à 1,18 milliard d'euros par an, soit 56,7% du total des IDE reçus par le Maroc (49,3% si l'on exclut les opérations exceptionnelles Maroc Telecom et Régie des Tabacs).
Vient en deuxième position l'Espagne, avec 16,3% des flux d'IDE sur la période 2001-2007. Les investissements espagnols sont concentrés dans l'industrie textile, le tourisme et l'immobilier. Notre voisin du Nord est également présent dans le secteur agroalimentaire (la société franco-espagnole Altadis est devenue, en 2006, l'unique actionnaire de la Régie des Tabacs).

La présence française, qui est en fort développement, profite à tous les secteurs d'activité, selon les auteurs de cette note qui ajoutent que les investissements français au Maroc suivent soit une logique de service du marché local (agroalimentaire, laboratoires pharmaceutiques, banque, assurance, environnement, énergie, tourisme, télécommunications, matériaux de construction, BTP, distribution), soit une logique de production pour l'exportation, notamment dans les secteurs des fruits et légumes, des équipements électriques et électroniques, de la sous-traitance automobile et aéronautique ou dans le textile habillement. Le nouvel investissement de Renault s'inscrira en grande partie dans une logique d'exportation, souligne-t-on. La France reste également le premier partenaire commercial du Maroc. En effet, le total des échanges commerciaux entre les deux pays s'élève à 6,2 milliards d'euros en 2007 et le solde de la balance commerciale maroco-français, toujours positif en faveur de la France depuis 1998, s'élève à 833,4 millions d'euros. Après avoir fortement progressé dans la décennie 90, le commerce bilatéral s'est stabilisé.

Au cours des trois premiers mois de l'année en cours, la France a participé pour 19,4% ou 20,28 milliards de DH dans le total des transactions commerciales avec l'étranger, selon les dernières statistiques de l'Office des changes. Elle est le premier client avec 30,2% ou 10,10 milliards de DH et premier fournisseur avec 14,3% ou 10,17 milliards de DH. Ainsi, les échanges avec la France font ressortir un léger déficit de 69,8 MDH. Pour l'année 2007, le marché français a absorbé 28% de nos exportations. Depuis 2000, les exportations marocaines vers la France stagnent aux alentours de 2,5 milliards d'euros, selon la Mission économique française qui ajoute que ces expéditions sont concentrées sur quelques secteurs : les produits textiles, les composants électriques et électroniques et les produits agroalimentaires qui représentent environ 80% de nos ventes.

Il est à rappeler à ce sujet le creux de la vague par lequel sont passés les ventes marocaines en France, suite à la suppression des quotas instaurés par l'Accord multifibres. Ce qui a engendré une diminution en 2006, principalement en raison de la baisse enregistrée dans le secteur de l'habillement, les entreprises françaises ayant réorienté leurs commandes vers la Chine et les pays de l'Est. Ces exportations se sont par la suite ressaisies, en évoluant de 3,8 % en 2007.
Il est à noter, contrairement aux françaises, les entreprises espagnoles de l'habillement ont fait du Maroc leur fournisseur stratégique. S'agissant des importations en provenance de ce pays, elles s'élèvent à 3,5 milliards d'euros. La France reste de loin le premier fournisseur du Maroc, avec 15,8% de part de marché.


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