La Société générale expérimente une gamme de produits financiers islamiques à la Réunion

16/04/2008
Source : Libération
Pays de destination(s) : Euromed
Secteur(s) concerné(s) : Banque, assurance, autre services financiers

BFC, filiale de la banque française, a créé 2 fonds, l'un centré sur les valeurs composant le Dow Jones Islamic Market, et l'autre ciblé sur les matières premières, selon le principe du contrat à terme.

"Des produits financiers islamiquement corrects"

Par Libération, Laurent Decloitre

"C’est une première dans la zone euro. La Société générale lance des produits «charia-compatibles» pour capter l’épargne des musulmans. Pas n’importe où. A la Réunion. […] L’islam interdisant de percevoir ou de verser des intérêts, de nombreux chefs d’entreprise répugnent à placer leurs liquidités, au grand désespoir des banques. D’où l’idée de leur proposer des titres de créance charia, respectant la loi coranique.

Le premier fond levé par la BFC [filiale chargée de la commercialisation] est constitué d’une sélection de valeurs tirées de l’indice religieusement correct Dow Jones Islamic Market. «Si l’on se servait du CAC 40 classique, les clients pourraient investir sans le savoir sur une société comme Pernod Ricard», rappelle Jérôme Pignolet de Fresnes, responsable de la gestion du patrimoine. Or les musulmans n’ont pas le droit de financer les producteurs d’alcool, le commerce du porc, les jeux de hasard…

L’autre fond fonctionne sur le principe de la murabaha. Le croyant ne spécule pas, il achète des matières premières, en l’occurrence du cuivre et de l’aluminium (l’or et l’argent sont interdits), dont le prix de vente à terme est déterminé dès la conclusion du contrat. […]

La BFC a obtenu d’une assemblée d’oulémas d’Arabie saoudite et de Syrie une fatwa (décret religieux) délivrant le feu vert. […] Reste que le ticket d’entrée des deux fonds est de 10 000 euros… Pour toucher les foyers plus modestes, la BFC réfléchit déjà à un substitut au crédit classique, lui aussi interdit par le Coran. En métropole, rien pour l’instant : la maison mère craint d’être taxée de communautarisme."
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