L’Algérie cherche à fixer sa production automobile sur son territoire

6/04/2016
Source : Oxford Business Group
Pays de destination(s) : Algérie
Secteur(s) concerné(s) : Constructeurs automobiles & équipementiers

L'instauration en 2016 des licences pour l'importation de véhicules pourrait inciter les constructeurs automobiles à implanter leur production en Algérie, à l'instar du français Renault-Nissan.


Dans une tentative de restaurer sa balance commerciale et de réindustrialiser une économie largement dédiée aux hydrocarbures, le gouvernement a instauré à partir de janvier 2016 des licences d'importation, notamment dans le domaine automobile. Le nombre de véhicules (particuliers, collectifs et utilitaires confondus) importés a été fixé à 83 000 pour l'année 2016. Le pays avait importé 300 000 véhicules en 2015 et 440 000 en 2014.

Par ailleurs, depuis 2009, la part des investissements étrangers dans les entreprises algériennes est limitée à 49% du capital pour augmenter la part de la valeur ajoutée locale dans la production.

L'Algérie représente pourtant un marché juteux pour les constructeurs. Elle rassemble, avec 40M d'habitants, la moitié de la population du maghreb. Fin 2014, le taux de motorisation algérien était d'à peine 135 véhicules pour 1000 habitants (ONS), environ quatre fois moins qu'en Europe. Sur le parc automobile, près de la moitié des véhicules avait plus de 20 ans à la même date.

L'Algérie bénéficie d'autre part d'une situation géographique avantageuse, conciliant proximité avec le marché européen et ouverture sur l'Afrique occidentale, potentiel foyer de consommation de 330 millions d'habitants. Le coût de la main d'oeuvre est également attractive, puisque le salaire minimum (environ 160€/mois) est presque 3 fois moins élevé que le salaire minimum turc par exemple.


Malgré les contraintes sur les importations et les IDE, les groupes étrangers, européens en tête, voient donc un intérêt à implanter leur chaîne d'assemblage en Algérie.

C'est non seulement l'assemblage de véhicules, mais aussi toute la chaîne de production qui présente des opportunités de développement. La fabrication locale de composants automobiles et de pneus alimenterait la production de véhicules neufs mais aussi le marché de l'occasion et des pièces de rechange. Les sous-traitants du secteur mécanique algérien espèrent une aide gouvernementale pour la création de zones industrielles.

Dans l'automobile, Renault a franchi le pas dès 2014 en s'associant avec la SNVI, avec succès semble-t-il, puisque le constructeur français détient un tiers du marché nord-africain en 2015 et a augmenté sa production locale. Les groupes Fiat, PSA, Volkswagen ou encore l'iranien Saipa ont annoncé l'implantation prochaine de leurs usines d'assemblage.

Chez les équipementiers, Iveco, filiale de Fiat, Hyundai, GM Daewoo et Scania, filiale suédoise de Volkswagen, devraient construire leurs premiers véhicules algériens dès fin 2016.

Article original sur Oxford Business Group

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