Re-ouverture de la bourse de Damas programmée pour fin 2008-début 2009

2/10/2008
Source : Financial Times
Pays de destination(s) : Syrie
Secteur(s) concerné(s) : BTP, immobilier, infrastructures

"Je veux voir les 1ères transactions avant la fin de l'année, même si vous devez les faire sur des tableaux d'ardoise", Abdullah Dardari, vice-premier ministre, aux responsables de la future bourse de Damas.

Le Financial Times, dans un article daté du 1er octobre 2008, rapporte qu'Abdullah Dardari,vice-premier ministre pour les affaires économiques au sein du gouvernement syrien , se démène pour qu’enfin aboutisse le projet de re-ouverture de la bourse de Damas, retardée à maintes reprises. M. Dardari a fixé pour ultimatum à l’équipe chargée du projet la fin de l’année 2008, même si personne ne s’attend à voir les premières opérations effectuées avant le premier trimestre 2009, au mieux.

L’énergie déployée par M;Dardari se justifie par la haute importance, ne serait-ce que symbolique, de la re-ouverture de cette bourse ; un fait qui prouverait au reste du monde que Damas entend bien réussir la transition vers une « économie sociale de marché », dans un contexte marqué par des revenus pétroliers déclinants qui imposent la libéralisation et la diversification de l’économie syrienne.

Depuis 2004 en effet, la Syrie a fait le pari de la modernisation de son système financier, complètement sclérosé par 60 ans de dirigisme économique. De nouvelles licences bancaires ont été attribuées, certaines restrictions sur les transactions monétaires ont été levées, une loi sur l’investissement adoptée, ce qui a permis à l’initiative privée de commencer de se déployer : sa contribution à la croissance de l’économie hors hydrocarbures aurait augmenté de 80% depuis 2004, selon le FMI.

De nombreux obstacles doivent encore être levés avant que le Damascus Stock Exchange ne soit opérationnel: son siège est encore en construction, les systèmes de place de marché et de compensation restent à acquérir, tandis que le personnel est en train d’être recruté. Les réglementations sont en cours de finalisation.

Les plus optimistes estiment qu’entre 26 et 45 entreprises seraient décidées à s’introduire rapidement après l’ouverture. La capitalisation minimale a été fixée à 250 millions de livre syriennes (environ 3,5 millions d’€), et 3 années bilans audités sont exigés. Peu de privatisations sont attendues, tandis qu’un doute sérieux plane sur les intentions des entreprises familiales, réticentes à l’idée d’ouvrir leurs livres de compte contre l’accession au financement de marché.

Le marché sera aussi ouvert aux investisseurs étrangers, ce qui fait redouter une pénurie d’actifs à vendre, étant donné les succès rencontrés récemment par les ventes au public de portions du capital des banques privées nouvellement créées, largement sursouscrites.

Les plus réformateurs au sein des élites syriennes espèrent un succès suffisant pour vaincre les réticences des tenants, en son sein, du statu quo en matière de politique économique.
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