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L'investissement étranger
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Tendances de l’investissement étranger en Méditerranée : le rattrapage puis l’atterrissage... |
Longtemps en retrait de la scène de l’investissement direct étranger, la Méditerranée a rattrapé son retard au début des années 2000 et jusqu’en 2006, année au cours de laquelle elle a attiré une part des Investissements directs étrangers (IDE) mondiaux correspondant à son poids démographique (4%), soit 48 milliards EUR d’après la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement). La très forte progression des flux d’IDE vers la région MED‑11* (une multiplication par 6 en 6 ans) et des annonces de projets d’investissements et de partenariats (voir graphiques ci-dessous) telles que mesurées par l’Observatoire ANIMA-MIPO (voir page 106) est attribuable à plusieurs facteurs, essentiellement liés aux réformes économiques destinées à renforcer l’attractivité des pays MED vis-à-vis des investisseurs étrangers, à la vague de privatisation dans les télécoms et la banque (pic en 2005-2006), à la disponibilité accrue des pétrodollars du Golfe et à un fort boom de l’immobilier.

La crise économique et financière qui a éclaté en 2008 a interrompu cette phase de croissance continue, et la part de la Méditerranée dans les IDE mondiaux est à nouveau passée à environ 3% à partir de 2007, avec un peu moins de 22 milliards EUR en 2009 d’après les estimations de la CNUCED. D’après les chiffres de l’Observatoire ANIMA-MIPO, disponibles en temps réel, les annonces d’investissement sont néanmoins reparties à la hausse dès 2010 dans des pays MED, moins exposés aux soubresauts du monde financier et portés par une demande intérieure en hausse continue. Les révolutions arabes de 2011 ont interrompu cette reprise en raison d’impacts économiques négatifs sur le court terme : les entreprises ont subi des problèmes d’approvisionnement et des fermetures temporaires, des emplois ont été détruits et certains projets d’investissement ont été repoussés, si bien que les annonces d’IDE sont en net repli (-25% pour le premier semestre 2011), laissant présager un bilan 2011 assez terne. Les dernières prévisions de croissance de PIB de la Banque Mondiale s’établissent à 1,9 % en 2011 pour la région MENA (Middle East North Africa) et seulement 1,5% en Tunisie, 1% en Égypte et probablement encore moins en Libye ; mais avec une reprise plus marquée dès 2012 et 4% attendus en 2013. |
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… et l’envol des partenariats |
Introduits en 2009 dans l’Observatoire ANIMA-MIPO grâce au projet Invest in Med, les partenariats recouvrent des modes d’entrées des opérateurs étrangers en Méditerranée limitant leur engagement et donc leur risque financier : rapprochement d’un marché domestique soit à travers un partenaire identifié, soit en ouvrant une représentation locale. La hausse sensible des partenariats en 2010 (+73%) illustre l’effet du projet Invest in Med, qui se consacre à ces partenariats et les détecte mieux, et représente un signal fort de l’engagement des investisseurs étrangers en Méditerranée, qui s’adaptent aux conditions de la crise qui prévalent depuis 2008 sans renoncer à leurs projets d’implantation en Méditerranée. Ces projets constituent souvent un premier jalon avant un projet d’investissement, et marquent le passage vers des modes de coopération et de partage de la valeur ajoutée plus équitables entre opérateurs économiques étrangers et méditerranéens. Le contexte politique de 2011 freine toutefois significativement la mise en oeuvre de tels projets (-39% pour les 6 premiers mois de l’année).

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Jeter les bases d’un nouvel espace économique et financier entre Europe et Méditerranée |
L’Europe arrive en tête des intentions d’investissements et de partenariats dans les pays MED, avec des projets qui ne faiblissent pas malgré la crise. Côté IDE, les entreprises européennes sont à l’origine de 50% du total des annonces depuis 2003. La présence européenne est caractérisée par sa stabilité (jamais moins de 40% du nombre total de projets), des investissements de taille relativement modeste (50 millions EUR par projet contre 56 en moyenne) mais impliquant davantage de PME (24% des projets contre 20% en moyenne) et créant logiquement plus d’emplois (52% du total des emplois créés depuis 2003 par les investisseurs étrangers, une proportion supérieure à la part européenne dans les montants totaux investis : 44%).

Les entreprises européennes creusent encore davantage l’écart avec les autres régions du monde pour les projets de partenariats, avec 52% des projets annoncés depuis 2003. La première place des Européens au palmarès des projets d’investissement et de partenariats en Méditerranée n’est toutefois pas un acquis. Les pays du Golfe sont très actifs dans les pays MED, et ont même dépassé les Européens sur le plan des montants d’IDE annoncés en 2006. Les Etats- Unis et le Canada conservent pour leur part une place prépondérante en Israël et dans quelques secteurs stratégiques dans les autres pays. Enfin, si les investissements intra-MED ne décollent toujours pas (environ 5% du total en nombre de projets et en montants), ceux des « autres pays », essentiellement émergents, connaissent une croissance continue et pourraient bouleverser la donne, en concurrençant les offres des investisseurs « historiques » de la région. À l’Europe de saisir l’opportunité d’un partenariat économique plus fort avec les acteurs des pays MED, sans attendre et risquer de se faire distancer par de nouveaux acteurs, de plus en plus influents dans la région. Les pays MED, leurs ressources humaines, leurs marchés en croissance représentent plus que jamais une opportunité de développement et de partenariat économique essentielle dans l’économie globalisée du 21e siècle.
* MED-11 comprend les 9 pays du projet Invest In Med, plus la Libye et la Turquie.
** Projection réalisée à titre indicatif sur la base des résultats enregistrés jusqu’au 30 juin 2011. Cette projection est évidemment sujette à caution, notamment en raison du contexte politique actuel. |
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