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PERSPECTIVES SECTEURS - SERVICES
Privatisations et concessions
Afin de moderniser leur économie et de rattraper leur retard en infrastructures, les pays méditerranéens ont lancé depuis le début des années 90 toute une série de réformes. Ils ont ainsi engagé, chacun à leur rythme, des programmes de privatisations. Ils ouvrent peu à peu leurs marchés et adaptent un cadre juridique et réglementaire souvent très protecteur.
Photo : Privatisations et concessions
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Privatisations et concessions
 
Panorama

Les privatisations sont une manière efficace d’attirer les investisseurs étrangers, tout en limitant le recours à des ressources budgétaires publiques limitées –c’est l’usager et non le contribuable qui, en payant le service, aide l’opérateur à amortir les investissements réalisés. Au cours des cinq dernières années, ces projets ont permis une injection totale de capital de 15 milliards de dollars –ce qui représente, selon les pays, entre 3 % (Turquie) et 9 % (Maroc) du PIB. Principaux partenaires, les grands opérateurs européens, souvent français, dont le savoir-faire est particulièrement recherché.
En Turquie, en Israël, en Algérie, les privatisations ont conduit les entreprises locales à se renforcer en acquérant des entreprises d’État, parfois en partenariat avec des entreprises étrangères. Les opportunités restent nombreuses pour des PME qui seraient intéressées par la reprise d’anciens conglomérats d’Etat plus ou moins bien gérés -même si, dans plusieurs pays de la région, les entreprises candidates se plaignent de lourdeurs administratives et d’un certain manque de transparence. La restructuration des secteurs bancaires pourrait aussi attirer des investisseurs en Turquie, en Israël et en Tunisie.

Les grands programmes tendent à ralentir, car la plupart des privatisations « faciles » portant sur des opérateurs majeurs et très rentables (téléphone en particulier) ont déjà été réalisées.

 
Focus « pays »

Au Maroc, le programme de privatisations a débuté en 1993. En 2000, l’ouverture de 35 % du capital de Maroc Telecom, la plus grosse opération jamais réalisée, a rapporté à l’État 2,3 milliards d’euros, avec une seconde phase en 2003. Bouygues a été choisi en 2003 pour le port de Tanger-Méditerranée (contrat de l’ordre de 260 millions de US$ sur un projet total de 1,2 milliards de $). Il existe encore des opportunités, avec 23 entreprises et deux hôtels inscrits sur l’actuelle liste des privatisations. L’ouverture du marché de l’électricité à un opérateur alternatif à l’ONE est prévue en 2005.

Le programme algérien de privatisations est actuellement relancé. De nombreuses entreprises publiques doivent être libéralisées. Seule exception, le secteur des hydrocarbures, qui reste protégé. Au programme également, des concessions dans l’eau, l’énergie, les transports et les télécommunications. La filiale locale d’Orascom qui exploite depuis peu une licence de téléphonie mobile affiche des résultats de pénétration satisfaisants (100 000 abonnés). Alstom, de son côté, a été retenu pour une centrale à gaz de 300 MW et 58 millions de US$ à Ain Beida (côte Est).

La Tunisie a annoncé des privatisations dans le secteur financier. Les autorités envisagent également d’accorder des concessions dans l’eau, l’électricité, les transports et les télécommunications. Comme en Algérie, la filiale locale de téléphonie mobile d’Orascom annonce des résultats de pénétration satisfaisants (70 000 abonnés).

La Jordanie cherche à attirer des investisseurs sur ses projets de privatisations dans les secteurs du traitement des eaux, de l’électricité, et de la potasse. Des offres étaient par exemple attendues en octobre 2003 pour une centrale électrique de 300 MW, d’un montant de 150 million de $.

Au Liban, le secteur de l’électricité sera soumis à plusieurs appels d’offres prochainement. Le gouvernement a décidé de diminuer fortement les subventions publiques au secteur du tabac et de lancer sa privatisation. Le Liban a choisi en 2003 un opérateur pour le traitement des eaux de Beyrouth nord, projet de l’ordre de 90 millions d’Euros prévu en BOT. Un autre opérateur doit être choisi pour la gestion sur 10 années du terminal conteneur du port de Beyrouth. Par contre, la révocation en 2002 des licences des 2 opérateurs de téléphone mobile (Cellis et LibanCell), en fait prolongées jusqu’à fin 2003, donne un signal perturbé au marché.

En Égypte, un programme important de privatisations est prévu dans différents secteurs tels que les télécommunications ou la banque. L’opérateur public de référence (Télécom Egypt) hésitait en 2003 entre lancer un 3ème réseau de téléphonie mobile ou au contraire faire payer les deux opérateurs privés actuels (MobiNil et Vodafone) pour le fait d’abandonner de 3ème réseau.

Les autorités maltaises devraient privatiser quelques entreprises publiques prochainement.

La Syrie se démarque avec son absence de programme global de privatisations, bien que des ouvertures récentes aient été mentionnées. Le secteur industriel appartient toujours à 80 % à l’État. À l’exception des deux réseaux de téléphonie mobile, les perspectives sont aussi limitées pour les concessions. En revanche, les investissements privés sont bienvenus dans tous les secteurs.

Le gouvernement israélien a lancé un plan de privatisation dès 1993. En ligne de mire, le secteur bancaire. Le gouvernement israélien a tranché en 2003 le nœud gordien de la privatisation d’El Al : faute d’intérêt de la part de partenaires transporteurs, le gouvernement a cédé une part de ses actions sur le marché boursier, ne conservant avec le personnel d’El Al qu’une faible majorité du capital.

Dans les Territoires Palestiniens, des offres sont attendues pour la fourniture d’eau et le traitement des eaux usées à Gaza, projet de 13 millions d’Euros prévu en BOT. Dès que les conditions politiques le permettront, on peut estimer que bon nombre d’infrastructures à reconstruire dans le pays seront concédées au secteur privé.
 
Une demande d’électricité

Pays Consommation électrique
TWh, 2001
Consommation électrique per capita
KWh, 2001
Algérie 21,2 697,8 
Chypre 3,2 4 203,0
Égypte 66,5 1 040,0
Israël 40,1 6 429,2
Jordanie - -
Liban 7,9 1 814,0
Malte 1,6 4 150,0
Maroc 15,6 543,6
A. Palestinienne - -
Syrie 22,6 1 398,0
Tunisie 9,5 989,1
Turquie 104,5 1 564,0
MEDA-10 292,6  1 340,8
France 441,3 7 301,8
Italie 301,8  5 277,7
Espagne 209,6 5 248,0

Source: EIA/DOE et divers
 
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