| FOCUS PAYS - EGYPTE |
| Panorama général |
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Une économie qui s’oriente vers des activités à valeur ajoutée élevée et fort potentiel de développement à l’export |
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Après des décennies de socialisme, l’Egypte s’est engagée, depuis 1991, dans un ambitieux programme de réformes économiques et structurelles, et a pris de façon radicale le virage de l’économie de marché et de l’ouverture internationale après le remaniement ministériel de juillet 2004. La nouvelle équipe constituée autour du premier ministre Ahmed Nazif s’est depuis lors attachée à faire réaliser son programme libéral, jusqu’à obtenir que l’Egypte soit sacrée meilleur réformateur au monde par la Banque mondiale dans son rapport Doing Business 2008 mesurant le climat des affaires dans 178 pays. Les réformes de la fiscalité, de l’investissement et du commerce extérieur sont de véritables révolutions silencieuses dont les opérateurs économiques étrangers commencent à peine à prendre la mesure.
Pays à revenu intermédiaire, l’Egypte accorde une place importante au secteur privé, qui emploie 77% de la population active et contribue à 62,9% du PIB. Le programme de privatisation est bien avancé, de même que le développement des partenariats publics-privés pour la mise à niveau des infrastructures du pays. Le gouvernement garde néanmoins le contrôle de larges pans de l’économie, au travers notamment des différentes holdings publiques (hydrocarbures, extraction minière, industries lourdes, banque, textile, etc.). En effet, les importantes ressources naturelles dont est doté le pays, notamment le pétrole et le gaz, sont une source appréciable de recettes en devises. Représentant respectivement 13,2% et 38,7% du PIB en 2008, l’agriculture et l’industrie sont relativement diversifiées. Malgré la crise mondiale, l’Egypte a enregistré une croissance annuelle d’environ 7% entre 2005 et 2008. Les perspectives encourageantes pour les années à venir pourraient être renforcées par l’accélération des réformes structurelles.
Le 6ème Plan quinquennal de développement économique et social, qui court sur la période 2008-2012, devrait y contribuer. Il repose sur 3 grands piliers : le programme présidentiel (volet économique), les Objectifs du millénaire pour le développement (santé publique, éducation) et le Nouveau contrat social (réformes politiques). Le programme présidentiel vise à « maximiser la croissance économique et à garantir un niveau acceptable d’emploi en réduisant le taux de chômage à 5,5% d’ici la fin du plan, et enfin à assurer des conditions de vie décentes aux groupes à faible revenu ». Le plan cible un taux de croissance annuel de 8%, une progression du revenu réel par habitant de 6%, un taux d’investissement de 24%, un progrès annuel des exportations de 12%, et taux d’intégration à l’économie mondiale à 67% (vs 60%).
Dans cette perspective, le plan envisage de : donner la priorité aux secteurs à forte croissance (industries manufacturières, BTP, tourisme, TIC) ; encourager les exportations de biens et services, sans créer de tensions inflationnistes sur le marché local et en assurant une gestion durable des ressources non renouvelables ; miser sur les petites et très petites entreprises comme vecteur principal de la création d’emplois ; ouvrir toute activité économique à la participation du secteur privé, en renforçant les fonctions de régulation de l’Etat ; améliorer les conditions de vie des groupes à faible revenu en agissant sur la distribution primaire des revenus (politiques d’emplois, accès à la propriété foncière agricole, politique du logement et soutien à l’entreprenariat) et la redistribution ; réduire l’écart entre régions rurales (notamment la haute Egypte et le désert) et urbaines ; etc.
La stratégie nationale est ensuite déclinée en programmes sectoriels : enseignement pré-universitaire, emploi et formation, industrie, développement rural, tourisme, logement, etc. Pour soutenir l’industrie et atteindre une croissance de la production de 9% par an, il est notamment prévu de construire 1000 grands complexes industriels et 2000 complexes moyens. Afin de répondre aux besoins de la population grandissante, 500 000 nouveaux logements sortiront également de terre d’ici 2012. Dans le secteur du tourisme, les 15 000 chambres d’hôtels à créer chaque année nécessiteront un investissement annuel de 1 milliard de dollars. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement fait appel à l’initiative privée.
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Des IDE pour financer les infrastructures et stimuler les exportations |

L’Egypte a placé l’investissement privé, tant national qu’étranger, au cœur de sa stratégie de développement. Pour la mise en œuvre du 6ème Plan quinquennal, qui suppose un investissement total d’au moins 1 295 milliards de livres égyptiennes (environ 160 milliards d’euros), la contribution du gouvernement (directement ou au travers de ses holdings) n’excédera pas 15%, le reste devant être pris en charge par le secteur privé. Les investissements directs étrangers pourraient apporter 13% du montant total nécessaire. Le plan prévoit que le flux entrant atteigne 14 milliards de dollars en 2012. Les IDE doivent aider le pays à accumuler des devises étrangères, renforcer ses capacités industrielles et technologiques, et développer ses échanges internationaux. Entre 2004 et 2007, l’investissement privé a progressé de 40% par an, tandis que les IDE passaient de 407 millions de dollars en 2003-2004 à 13,2 milliards en 2007-2008. Les mesures prises par le Ministère de l’Investissement depuis sa création, en 2004, y ont fortement contribué. Son intervention porte sur 3 fronts : une gestion optimisée des actifs économiques publics, l’amélioration rapide de l’environnement des affaires (régime de doit commun), notamment par la réforme du secteur financier, et la création de zones industrielles à statuts spéciaux.
Selon la filière, les investissements sont régis soit par la loi n°8 sur l’investissement de 1997 soit par la loi n°159 de 1981 sur les sociétés et ses amendements successifs. Quel que soit le secteur, la détention de 100% du capital d’une entreprise par des étrangers est permise, de même que le rapatriement des profits. La General Authority for Investment and Free Zones (GAFI) agit comme facilitateur au bénéfice des entrepreneurs. La Loi n°8 prévoit l’approbation automatique des projets d’investissements dans les secteurs jugés prioritaires : transport-logistique, agriculture et élevage, tourisme et BTP, santé, TIC, gestion de l’eau et des déchets, etc. Après les succès rencontrés dans quelques filières-pilotes (télécoms, infrastructures de transport, etc.), les PPP se multiplient. Politique d’investissement et politiques industrielles se rejoignent sur l’intérêt de créer des clusters par filières, même si certains ont aussi une composante « nationalité » (zone chinoise, turque, etc.). Afin de créer des incitations à la constitution de tels clusters, l’Egypte élabore progressivement des régimes spéciaux.
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