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PERSPECTIVES PAYS - EGYPTE
Panorama général
Grâce au Canal de Suez, « la ligne vitale » qui relie la Mer Rouge et la mer Méditerranée, l’Égypte joue un rôle stratégique dans la région depuis plus d’un siècle. Du fait de sa population importante, de son influence sur les pays arabes, de sa position géographique, l’Egypte est en outre un pays médiateur au Proche-Orient.
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Introduction

Placée en tête de liste des « pays réformateurs facilitant la pratique des affaires en 2007 » par la Banque Mondiale, l’Egypte confirme son rôle de locomotive économique du Machreck en captant plus de 52 milliards d’euros d’investissements directs étrangers depuis 2003 selon l’observatoire ANIMA-MIPO. Depuis 2004, le pays a accéléré son ouverture à l’international sous l’impulsion du Premier ministre Ahmed Nazif, dont le gouvernement s’est attaché à mettre en œuvre un ambitieux programme de réformes économiques et structurelles, qui a pour objectifs d'assurer la stabilité macro-économique, de créer un climat favorable aux affaires, de multiplier les flux d’investissements étrangers directs (IDE) et de développer le marché des capitaux afin de promouvoir une croissance fondée sur l'exportation et la participation du secteur privé.

Ce programme comprend la reprise des privatisations et la relance des réformes structurelles jusqu’ici différées, notamment celle du secteur bancaire. Dans le secteur des assurances, le plan prévoit d’augmenter la participation du privé notamment par la privatisation de l’une des quatre compagnies d’assurance publiques. D’autres mesures sont en cours pour développer le crédit immobilier, élargir le marché des capitaux et renforcer la réglementation et la supervision des marchés financiers. L’amélioration nette du climat d’affaires a produit des effets immédiats sur l’attractivité et la compétitivité générale du pays, dont les exportations ont plus que doublé en quelques années, passant de 13,8 milliards de dollars en 2003-2004 à près de 29,4 milliards en 2007-2008 selon la Coface.

Entre 2000 et 2003, l’Egypte a enregistré un taux de croissance moyen de 3,5% en raison notamment de chocs exogènes, tels que les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak. Cependant, bénéficiant de la reprise mondiale et de la dépréciation de la livre, la croissance a explosé entre 2004 et 2008 (avec un taux de croissance annuel moyen de 6,4% selon la Coface), principalement alimentée par la hausse vertigineuse des investissements étrangers et la croissance du tourisme de masse. Les principales rentes de l’Egypte ont atteint des hauts historiques entre 2004 et 2008, notamment le tourisme (qui représente 6,5% du PIB en 2008), les transferts des travailleurs émigrés (5,8 milliards d’USD en 2007), les recettes du Canal de Suez (1 700 navires en février 2008) et les exportations d’hydrocarbures.

Toutefois, depuis le déclenchement de la crise économique et financière internationale, l’après-2009 demeure la grande inconnue pour les dirigeants égyptiens. En effet, pour la première fois depuis la nouvelle politique d'infitah (ouverture économique) lancée en 2004, le pays a vu son taux de croissance divisé par 2 pour la période 2009-2010 (autour de 3,5%), tandis que les principales rentes de l’Egypte, hautement stratégiques, sont mises sous pression.

Alors que l’impact de la crise financière dans les pays du Golfe (Dubaï en tête) a entraîné une diminution importante des investissements arabes dans l’immobilier égyptien, la baisse de l’activité dans la région vient frapper durement les travailleurs expatriés égyptiens, qui transfèrent chaque année plusieurs milliards de dollars de fonds vers le Caire.Tandis que le tourisme commence à être touché par la baisse de l’activité économique (la fréquentation devrait baisser de 15% à 30% en 2009), le canal de Suez, véritable symbole de l’indépendance de la nation égyptienne, est à son tour rattrapé par le ralentissement du commerce international et génère moins de recettes (-22% en janvier 2009).

 
Les défis

- Malgré les importantes réformes entreprises, les défis pour construire un secteur privé dynamique restent considérables (lutte contre la corruption, difficulté d'accès au crédit pour les PME locales, etc.).

- La croissance économique enregistrée ces dernières années n’est pas suffisante pour faire baisser le taux de chômage estimé à 10% et absorber les nouveaux demandeurs d'emploi (500 000 à 700 000 par an).

- Le niveau de la dette interne est une contrainte pour une économie à forts besoins en infrastructures. Le taux d'investissement demeure faible au regard des besoins de développement du pays.

- Le secteur du tourisme, dont les recettes sont fondamentales pour la balance courante et pour l'activité économique, est exposé à la menace du terrorisme.

 
Les points forts

- La locomotive économique du Machreck avec plus de 22 milliards d’US$ d’investissements directs étrangers (IDE) reçus en 2007 contre 869 millions d’US$ en 2003 (Source : ANIMA-MIPO). Les IDE sont présents directement ou à travers des joint-ventures dans le secteur pétrolier, l’industrie du ciment, de la pharmacie, la construction automobile mais également le tourisme (contrats de gestion) et les télécommunications.  

 - L’attractivité du pays s’est améliorée grâce aux lois encourageant les investissements étrangers, la possibilité de rapatriements des capitaux, les incitations fiscales, la promotion des exportations, la création de zones franches économiques spéciales et la protection de la propriété intellectuelle.

- L'Egypte est le premier pays arabe et africain à signer en juillet 2007 la Déclaration de l’OCDE sur l’investissement.

- La réforme fiscale et tarifaire a permis au pays de s’ouvrir à la concurrence internationale et de démultiplier son commerce extérieur.

-Un positionnement géostratégique et un rôle de médiateur qui assure au pays le soutien politique et financier des grandes puissances occidentales.
 

 
Repères

Capitale Le Caire
 
Superficie 1 002 000 km2
 
Population 2009 76,5 millions d'habitants (FMI)
 
Langues Arabe (langue officielle), anglais, français
PIB en 2009 (dollars) 188 milliards (FMI)
PIB per capita (dollars) 2, 456 US$ en 2009 (FMI)
Monnaie (Mai 2009) Livre Egyptienne (EGP)
1 Euro = 7.86 EGP
Religion Majorité de musulmans, minorité de chrétiens coptes
Fête nationale 25 avril (libération du Sinaï)
18 juin (jour de l’évacuation)
23 juillet (révolution de 1952)
6 octobre (jour des Forces Armées)
Accord d’Association avec l’UE

Signé le 25/06/2001, entré en vigueur le 1/06/2004.
Site web de la Délégation de l’UE : www.eu-delegation.org.eg/

Adhésion à l’OMC Membre depuis 1995
 


Sources : FMI, Banque Mondiale, Coface, ANIMA-MIPO, Article IV 2005, Country Report n°5/177 et World Development Indicators 2006. A noter que l’année fiscale commence le 1er juillet.

 

 
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