| FOCUS PAYS - JORDANIE |
| Panorama général |
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Un petit pays qui mise sur les industries à l’export et l’économie de la connaissance |
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Pays de petite taille, la Jordanie a dû faire face à l’insuffisance de ses ressources agricoles (les terres arables ne représentent que 6% du pays) et aquifères (les plus faibles au monde). Elle jouie en revanche d’importantes réserves minières, notamment de potasse et phosphate, dont elle est le 3ème exportateur mondial. Alors que l’Irak était son premier client, elle a subi fortement l’impact négatif de la guerre sur le tourisme, le commerce extérieur et les investissements étrangers. Tous ces indicateurs sont néanmoins repassés rapidement dans le vert. Entre 2004 et 2008, la Jordanie a vu ses exportations doubler et son PIB augmenter de 6,3% par an en moyenne.
Cette dynamique positive a été encouragée par les nombreuses réformes lancées ces dernières années en vue d’une meilleure maîtrise de la dette publique et du déficit fiscal, de l’ouverture et de la privatisation de l’économie, ainsi que de l’augmentation des investissements étrangers. Au cours de la période 1999-2008, le pays est parvenu à faire passer la dette extérieure de 120% à 31% du PIB. De nombreux accords commerciaux ont par ailleurs été signés. Mais, malgré le lancement d’un programme de privatisation, le secteur public demeure le principal employeur du pays, contrôlant près de 30% du PIB et conservant un rôle majeur dans des secteurs tels que les services essentiels, les mines, l’agriculture, l’éducation, les transports, etc. Par ailleurs, la Jordanie est loin d’exploiter pleinement son potentiel d’exportation. Les pays européens et du Golfe apparaissent pourtant comme des marchés prometteurs, notamment pour l’industrie pharmaceutique, les minéraux, le tourisme et la banque. Faisant appel à une main d’œuvre hautement qualifiée, ils contribueraient à lutter contre les problèmes majeurs de la Jordanie : le chômage et la pauvreté.

Couvrant la période 2006-2015, la stratégie nationale adoptée par le gouvernement a pour principal objectif d'améliorer la qualité de vie des Jordaniens en créant 600 000 emplois, faisant tomber le taux de chômage à 6,8%, contre 12,5% en 2004 et le taux de pauvreté à 10%, contre 14,2% en 2002. Au cours de la décennie, une croissance annuelle de 7,2% est attendue. La stratégie prévoit 3 grandes phases : de 2007 à 2012, le gouvernement concentrera ses efforts sur la création d’opportunités d’emploi à travers des réformes structurelles, la mise à niveau des infrastructures, l’éducation et la promotion des industries orientées à l’export et intensives en main d’œuvre ; de 2013 à 2017, il s’emploiera à renforcer la capacité industrielle du pays et à poser les bases de la future économie jordanienne de la connaissance. Pour la première phase, 8 thèmes prioritaires d’intervention ont été retenus : développement politique et inclusion, législation et justice ; développement de l’investissement ; services financiers et réforme fiscale ; soutien à ‘emploi et formation professionnelle ; bien-être social ; éducation, enseignement supérieur, recherche scientifique et innovation ; mise à niveau des infrastructures.
Concernant le développement de l’investissement, la stratégie prévoit une réforme des institutions et la priorité de secteurs clés pour l’économie jordanienne. Sur le volet institutionnel, elle vise à accroître les compétences et moyens des différentes organisations en charge du développement de l’investissement et de l’entreprise : le Bureau de l’investissement (JIB), la Société de développement des entreprises (JEDCO), la Société des zones industrielles (JIEC) et la Société des zones franches (FZC). Pour soutenir les secteurs dans lesquels la Jordanie bénéficie d’avantages comparatifs (prêt à porter, médicaments, agriculture, agro-alimentaire, minéraux, pierre de taille, sidérurgie, équipement de la maison, tourisme, santé, TIC), la stratégie prévoit des mesures sectorielles et transversales (développement du capital humain, de la finance, des technologies et processus, des infrastructures et des accords commerciaux, amélioration des procédures, de la fiscalité et du soutien aux entreprises). De 2007 à 2009, 833 projets issus de la stratégie nationale ont été mis en œuvre, pour un coût total estimé à 3,6 milliards de dollars.
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Des réformes continues pour encourager l’investissement étranger |
Pays historiquement ouvert sur l’extérieur du fait de l’insuffisance de ses ressources naturelles, la Jordanie joue un rôle important dans la géopolitique du Moyen Orient. Cette position stratégique lui a conféré le statut d’interlocuteur privilégié des Etats Unis. En 2000, la Jordanie a été le premier pays arabe à conclure un accord de libre-échange avec le géant américain, son premier client. Il s’appliquera à presque tous les biens et services d’ici 2010. Le pays a adhéré à la grande zone arabe de libre échange en 1998, signé l’accord d’Agadir en 2004 (qui crée une zone de libre-échange entre l’Union européenne, l’Egypte, la Tunisie, le Maroc et la Jordanie), un accord de libre-échange avec Singapour et 38 traités bilatéraux. Fin 2007, des négociations ont été lancées avec le Canada en vue de l’établissement d’un accord de libre-échange.
Au cours des dernières années, la Jordanie a bénéficié d’un afflux important d’investissements directs étrangers, notamment en provenance des pays du Golfe, qui ont investi massivement dans le secteur bancaire. L’immobilier, le tourisme et l’industrie légère ont également fait preuve d’une forte attractivité. Après avoir atteint 3,2 milliards de dollars en 2006, le flux d’IDE entrants est retombé à 1,8 milliards en 2007. Stimulés par le dynamisme du secteur immobilier et les projets de PPP, les IDE ont recommencé à croître dès 2008, s’élevant à 2,4 milliards de dollars, et la tendance devrait se poursuivre dans les années à venir.
Cette forte attractivité résulte des efforts continus du gouvernement pour améliorer l’environnement des affaires et attirer plus d’IDE. Régulièrement révisée, la fiscalité devrait être profondément simplifiée par l’adoption d’un code fiscal unifié. Autre initiative majeure, la définition d’une nouvelle stratégie de l’investissement a conduit à l’élaboration d’une carte représentant 150 opportunités d’investissement dans 15 secteurs clés de l’économie jordanienne et d’une nouvelle loi de promotion des investissements, qui sera prochainement approuvée par le Parlement. Adoptée en 2008, la loi sur les zones de développement a mis en place un cadre règlementaire encourageant les investissements dans des zones identifiées comme prioritaires, notamment à l’aide d’incitations fiscales. Enfin, l’introduction d’une nouvelle stratégie de partenariat public-privé devrait étendre le programme de privatisations déjà bien engagé.
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