| FOCUS PAYS - LIBAN |
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Situé dans un carrefour géopolitique stratégique, au sud de la Syrie, au nord d’Israël et de la Jordanie, et à l’est de l’Irak, le pays du Cèdre est au cœur d’une zone de conflits. Après quinze années de guerre civile, il a dû faire face à une reconstruction difficile en essayant de conjuguer à la fois relance économique et maîtrise des équilibres macroéconomiques.
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Un pays qui s’oriente de plus en plus vers une économie de services pour retrouver son titre de «Suisse du Moyen Orient» |
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Alors que le Liban se relevait à peine de 15 années d’une guerre dévastatrice (1975-1990), les évènements sanglants de 2005, suivis par la guerre de juin 2006, ont marqué un nouveau coup d’arrêt à la croissance. Les dépenses de reconstruction, bien qu’elles stimulent la croissance, ont alourdi la dette déjà considérable du pays. Avec la destruction des capacités de production, sa dépendance commerciale vis-à-vis de l’extérieur s’est encore accrue (en 2005, le pays importait déjà 90% des produits consommés).
Malgré ce contexte défavorable, certains secteurs ont connu une évolution prometteuse : les TIC ; la banque et la finance ; l’industrie ; le tourisme. Pauvre en ressources naturelles mais doté d’une main d’œuvre hautement qualifiée, le Liban s’est en effet orienté vers une économie de services. En 2008, ce secteur représentait 76,1% du PIB. L’agriculture n’y contribuait plus qu’à hauteur de 5,1%, et l’industrie de 18,8%. Bien que sa croissance soit freinée par le manque d’infrastructures, cette dernière connaît un développement encourageant dans plusieurs filières (agro-alimentaire, équipement de la maison, joaillerie, habillement, cosmétiques), dont la production répond à une forte demande sur les marchés internationaux.
Répondant à l’appel lancé au secteur privé par le gouvernement libanais pour la reconstruction, les pays arabes ont investi 4,7 milliards de dollars au cours de la période 1995-2004, plaçant ainsi le Liban au 1er rang des récepteurs d’investissements interarabes. Les services ont bénéficié de 83,2% de ces capitaux, ce qui explique le développement rapide du secteur.
Cette forte attractivité est le résultat du vaste processus de réformes économiques, d’amélioration du climat des investissements et d’ouverture internationale dans lequel s’est engagé le Liban au sortir de la guerre de 15 ans pour retrouver la place qu’il occupait dans la région. Des avancées majeures ont été réalisées à la veille des évènements sanglants de 2005, avec le lancement du plan quinquennal 2002-2004, accompagné de réformes structurelles : amélioration du cadre légal, administratif et règlementaire, suppression des obstacles au commerce et à l’investissement, réduction des coûts pour les entreprises, etc. Intervenant le moins possible (infrastructures essentiellement) dans l’économie, l’Etat met en œuvre tous les moyens dont il dispose pour améliorer l’environnement des affaires.
Cependant, suite à la longue période d’instabilité politique, l’économie libanaise manque d’une stratégie nationale de développement structurée. En 2007, lors de la 3ème conférence de Paris pour la reconstruction du Liban, 3 priorités ont été retenues : la promotion de l’investissement ; l’amélioration de la qualité de vie ; l’accroissement des exportations. Ces principes n’ont néanmoins pu être appliqués qu’à partir de la fin 2008. Et ils ne donnent aucune orientation sur l’approche sectorielle et territoriale à adopter.
Ces dernières années, les investissements se sont concentrés sur Beyrouth, laissant de côté d’autres régions pourtant développées avant la guerre de 75. En 2001, le pays a été divisé en 3 zones bénéficiant d’incitations à l’investissement différenciées afin d’encourager le rattrapage des territoires montagneux, et surtout des pointes nord et sud du pays, ainsi que de la Bekaa. Une attention particulière a par ailleurs été accordée à 2 secteurs dont le fort potentiel de développement n’est plus à démontrer : les TIC et le tourisme. Quelle que soit leur localisation, les projets réalisés dans ces secteurs bénéficient d’avantages similaires à ceux attribués dans les régions de développement prioritaires.
Dans la perspective de donner une nouvelle impulsion à la croissance, un plan de développement économique est actuellement en projet. Il retient 5 secteurs prioritaires : le tourisme médical ; les médias (cinéma notamment) ; l’industrie technologique (R&D, innovation et électronique) ; l’agro-alimentaire ; le tourisme (amusement, congrès). Afin de concentrer les investissements et favoriser les synergies, 5 zones économiques spéciales seront créées et dédiées à chacun de ces secteurs. Mises en suspens par les élections parlementaires de juin 2009, les décisions majeures pour l’avenir du pays ne pourront être votées et appliquées qu’après la formation d’un gouvernement stable.
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L’appel du Liban à l’investissement des pays arabes et de la diaspora |
Historiquement ouvert sur l’extérieur, le Liban a tissé des liens étroits avec le monde arabe, les Etats Unis et l’Europe. Les nombreux traités commerciaux signés ces dernières années, notamment l’accord d’association avec l’Union européenne et l’adhésion à la grande zone arabe de libre échange (GAFTA), devraient accélérer l’intégration du Liban aux économies régionale et mondiale. Le pays souffre néanmoins d’un déficit structurel de sa balance courante, à hauteur de 15% du PIB. Ce déficit est financé essentiellement par le transfert massif de capitaux privés. Encouragés par la politique bancaire libérale libanaise, fondée sur des taux d’intérêt élevés et un ancrage monétaire au dollar, les investissements en portefeuille et les dépôts bancaires sont majoritaires.
En comparaison, les investissements directs étrangers sont relativement faibles. Tout comme les investissements nationaux, ils sont régis par le droit commun et la loi 360 sur le développement de l’investissement. Votée en 2001, cette dernière n’a pu, du fait de la situation politique mouvementée, entrer en vigueur qu’en 2003. Elle prévoit la mise en place d’un service de guichet unique au sein de l’IDAL, l’agence de promotion des investissements. Elle définit également les 3 grandes zones d’investissement, dans lesquelles les incitations accordées sont plus ou moins importantes. Enfin, l’IDAL peut proposer aux investisseurs un contrat global, dont les termes dépendent du lieu d’implantation, du secteur concerné et du nombre d’emplois créés.
Afin de stimuler l’investissement étranger, une nouvelle stratégie est en cours de préparation. Elle cible les investisseurs du Golfe, les entreprises internationales et la diaspora. Un effort de communication particulier sera réalisé auprès des Libanais à la tête d’entreprises étrangères. Leur expertise dans différents domaines, ainsi que leurs recommandations sur les réformes souhaitables, est en effet précieuse pour leur pays d’origine.
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