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PERSPECTIVES PAYS - LIBYE
Panorama général
Située en Afrique du Nord, la Libye est le 4ème plus vaste pays d’Afrique. Ses frontières jouxtent la Tunisie, l’Algérie, le Niger, le Tchad, l’Egypte et le Soudan. La Libye est membre de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) et membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).
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Introduction

Le régime libyen est fondé sur le Livre Vert, œuvre du Colonel Kadhafi au pouvoir depuis le coup d’Etat de 1969, qui l’a érigé en troisième théorie universelle, synthèse entre le libéralisme et le marxisme.

Après une longue période de relations difficiles avec la communauté internationale et d’embargo, le règlement de l’affaire de l’attentat de Lockerbie en 2003 et la levée des sanctions onusiennes qui frappaient la Libye depuis 1992, a contribué au redémarrage de relations économiques et financières internationales normales. C’est actuellement un pays qui offre d’énormes potentialités : besoins en infrastructure, relance économique, diversification industrielle, rénovation des gisements pétroliers et gaziers…

La Libye dispose de réserves financières exceptionnelles et de ressources en hydrocarbures considérables (39,1 milliards de barils de réserves), son économie reposant quasi-exclusivement sur l’exploitation pétrolière. Les résultats économiques du pays ne cessent de s’améliorer depuis la levée de l’embargo grâce à la remontée de la production de pétrole, la reprise des exportations pétrolières et la hausse du cours du baril depuis 2003. Cette conjoncture internationale a permis la croissance du PIB en volume de 9,1% en 2003 à 4,6% en 2004 et 3,5% en 2005 (source FMI article IV, avril 2006) et devrait s’établir à 5% en 2006. La faible population de ce pays en fait l’un des plus riches d’Afrique avec un PIB/hab. de 6.800 USD en 2005.

Bénéficiant des cours du pétrole élevés, le commerce extérieur est structurellement excédentaire. Près de 85% de la production pétrolière est exportée ce qui représente 95% des exportations totales du pays et 60% des ressources budgétaires. Plafonnée par un quota OPEP, elle se maintient depuis plusieurs années dans une fourchette de 1,3 à 1,4 millions b/j, ce qui fait de la Libye le 2ème exportateur de pétrole d’Afrique. Néanmoins, des investissements de près de 30 milliards d’USD dans l’exploration pétrolière sont nécessaires afin de porter la production d’hydrocarbures à 3 millions b/j d’ici 2010. Les réserves de gaz sont estimées à 1.500 milliards de m3.

En 2005, les importations ont atteint 9,3 milliards d’USD et les exportations 21,9 milliards d’USD. Les principaux partenaires commerciaux de la Libye sont les pays de l’UE (principalement l’Italie, la Grande Bretagne, l’Allemagne et la France), les pays du Maghreb et la Turquie.

Depuis le règlement de l’affaire Lockerbie et la levée de l’embargo, de nombreux pays ont renoué le dialogue avec la Libye. Dans le même temps, le colonel Kadhafi affirme sa volonté d’ouverture et de libéralisation de l’économie qui est l’une des moins diversifiées de la région. Des négociations pour l’adhésion à l’OMC sont en cours, comme en témoigne l’adoption d’un nouveau régime douanier (Décret-Loi n° 83 du 7 Juillet 2005) supprimant les taxes à l’importation sur l’ensemble des produits, quelle que soit leur origine à l’exception de 85 d’entre eux, et les remplaçant par une taxe sur les services portuaires de 4%, des droits de douanes sur les produits fabriqués localement ne dépassant pas les 2,5% et une taxe sur la consommation de 25% ou 50% (la TVA n’existe pas encore).

D’autres progrès importants ont été réalisés ces derniers temps, notamment la planification des chantiers prioritaires et la programmation pluriannuelle de la politique économique avec l’aide technique du FMI. L’ouverture aux investissements étrangers s’est matérialisée par la loi n°5 portant encouragement des investissements étrangers, qui permet désormais la majorité du capital dans de nombreux secteurs prioritaires : agriculture, services, industrie, santé et tourisme, et le décret n°178 qui autorise les personnes physiques et/ou morales à exercer l'activité de représentation commerciale pour le compte d'une société étrangère, sous certaines conditions. Depuis 2003, les licences d'importation ont été supprimées.

Il est également prévu de privatiser près de 360 entreprises publiques entre 2004 et 2008. Enfin, une réglementation sur l'enregistrement et la protection des marques est à l'étude. Par ailleurs, la Libye cherche à se rapprocher des pays européens et, réciproquement, l’Union Européenne œuvre pour son accession au processus de Barcelone et sa participation à la Politique Européenne de Voisinage.

L’Etat joue un rôle prépondérant dans la gestion de l’économie mais le secteur privé est en croissance. La Libye offre donc de nombreuses opportunités d’affaires, d’autant plus que ce pays dépend totalement des importations. Outre les entreprises publiques habilitées à importer (comme la « National Supply Company » qui assure la distribution des produits à des prix très bas, certains étant encore subventionnés à plus de 90%), des importateurs privés se sont lancés dans de nombreux secteurs parmi lesquels le bâtiment et la construction, la sidérurgie, l’industrie mécanique, le secteur agricole et l’agroalimentaire

Relations économiques internationales : la Libye est membre du Fonds Monétaire Arabe, du Conseil de l’Unité Economique Arabe, de la Banque Islamique de Développement, de l’OPEC et de l’UMA. La Libye est depuis 2004 membre observateur de l’OMC en vue de son accession.
 
Défis

L’économie est largement contrôlée par l’Etat, est dépendante des ressources pétrolières et peu diversifiée, l'industrie étant principalement fondée sur le raffinage du pétrole, l'industrie pétrochimique et la sidérurgie.

Comme mentionné plus haut, le taux de chômage est important, évalué à 25% et touche essentiellement les jeunes. L'économie a été affaiblie par des années d'ostracisme. Une administration pléthorique et pas toujours efficace paralyse l'émergence d'un secteur privé dynamique et l’investissement étranger est quelque peu freiné par l’obligation d’avoir un agent en Libye et la difficulté d’identifier un bon partenaire. De plus, il n’existe pas de sources d’informations fiables ni de statistiques pouvant servir aux études de marché.

Le pays a besoin d'investissements étrangers pour accroître ses capacités de production de pétrole et diversifier son économie, trop vulnérable à un retournement du marché pétrolier. Sa réhabilitation au sein de la communauté internationale a redonné confiance aux investisseurs, mais des réformes structurelles restent indispensables.

Le programme annoncé depuis plusieurs années est prometteur mais les réalisations peu visibles, mis à part la suppression des taxes sur les importations et la diminution des subventions sur les carburants et l'électricité. L’amélioration du cadre juridique des investissements et de la protection des investissements étrangers sont une priorité pour pouvoir relever ces défis.
 
Points forts

La Libye bénéficie d'une position géographique stratégique au cœur du triangle Europe/Afrique/pays arabes du Moyen-Orient pour la mise en valeur de son potentiel d'investissement. Le pays dispose de richesses naturelles importantes. Compte tenu des prix élevés du baril, l'activité économique reste bien orientée pour l'année 2006, portée par la consommation privée et les investissements publics. La manne pétrolière continue de générer de confortables excédents budgétaires et extérieurs.

Les autorités libyennes se sont données pour objectif de rendre plus efficace l’économie libyenne par une politique d’ouverture et de libéralisation favorable à l’investissement privé. L'endettement extérieur est modéré et la situation financière confortable. Les anciennes dettes ont été en grande partie apurées. Enfin, le pays dispose d’une population très jeune ayant un niveau de scolarisation acceptable.

Le potentiel touristique, très peu exploité jusqu'ici, est important (côte de la Cyrénaïque, sites archéologiques comme Leptis Magna, Sahara et oasis).
 
Repères

Nom officiel
Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste
Capitale Tripoli (1,3 millions d’habitants)
Superficie 1 760 000 km2
Population 5,7 millions
Langues Arabe, 2ème langue Anglais Italien parlé couramment
PIB 2005 (milliards USD) 38,735 milliards
PIB per capita (2005) 6 800 USD, 11 629 USD en PPP
Monnaie (2005)
1 € = 1,65 Dinar Libyen (LYD)
1USD = 1,31 LYD
Religion Islam
Fête nationale 1er septembre (commémoration de la révolution de 1969)
24 décembre (fête de l’indépendance)
Accord d’association avec l’UE Statut d’observateur depuis 1999
Adhésion à l’OMC Statut d’observateur depuis 2004 en vue de son adhésion

Sources: IMF, Libya Country Report n°5/83, March 2005 and Country Report No. 06/136, April 2006 and IMF World Economic Outlook database.
 
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