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    07 Novembre 2011 Investissement socialement responsable : quelle stratégie pour la Méditerranée ?  
   
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FOCUS PAYS - MAROC
Panorama général

Méditerranéen, mais tourné vers l’Atlantique, le Royaume du Maroc est le plus occidental –au sens géographique- des pays de la rive sud. Au cours de la dernière décennie, le Maroc s’est engagé dans un ambitieux programme de réformes structurelles dans plusieurs domaines axées sur la libéralisation de l’économie et l’amélioration de la compétitivité des entreprises.

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Vers une économie diversifiée pour limiter la dépendance aux aléas climatiques

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Jusque là fortement orienté vers le tourisme, l’agriculture et la confection, le Maroc cherche à diversifier son économie afin de limiter sa dépendance aux aléas climatiques. En se positionnant comme une destination d’excellence, attractive pour les capitaux, les compétences et les nouvelles activités, il vise une montée en valeur ajoutée, créant ainsi les emplois et la richesse nécessaires à sa population croissante. Dans cette optique, la stratégie de développement économique s’articule autour de 3 modalités : des réformes globales visant à améliorer le climat des affaires ; le suivi et l’amélioration des indicateurs macroéconomiques (inflation, déficit budgétaire, taux de croissance, etc.) ; et la mise en place de stratégies sectorielles, dotées d’objectifs et de mesures spécifiques à moyen et long terme. Initiée en 2000 pour compléter les deux premières modalités et offrir plus de lisibilité aux investisseurs, l’introduction de ces stratégies s’est faite progressivement. Au nombre de cinq, les moteurs de la croissance du Maroc représentent les cinq branches de l’étoile du Royaume : l’industrie, le tourisme, le commerce, l’agriculture, les infrastructures.

Adopté en 2006, le plan Emergence fixe les objectifs stratégiques de la politique industrielle du pays en ciblant les secteurs clés pour lesquels le Maroc présente des avantages compétitifs et qui devraient représenter 70% de la croissance industrielle d’ici 2015. Il devait générer 91 milliards de dirhams (8,2 milliards d’euros) de PIB additionnel, créer 440 000 emplois et réduire de plus de 50% le déficit de la balance commerciale à l’horizon 2013. En 2009, l’Etat et le secteur privé ont consolidé les engagements pris dans le cadre du plan Emergence en scellant un pacte d’émergence industrielle 2009-2015. D’un budget total de 12,4 milliards de dirhams (1,1 milliards d’euros), dont 34 % dédiés à la formation et aux ressources humaines et 24 % à l'incitation à l'investissement, ce programme devrait susciter 50 milliards de dirhams (4,5 milliards d’euros) d’investissements privés et générer 50 milliards de dirhams de PIB additionnel, 220 000 nouveaux emplois et 95 milliards de dirhams (8,5 milliards d’euros) d’exportations supplémentaires à l’horizon 2015. Globalement, la stratégie industrielle se focalise sur les Métiers mondiaux du Maroc (MMM) : les métiers orientés IDE (aéronautique, automobile, électronique, nearshoring (la version « soft » des délocalisations), les métiers traditionnels (agro-industrie, textile-cuir).
Visant à renforcer l’attractivité globale du pays, la Vision 2010 comprend plusieurs volets : le Plan Azur pour le tourisme balnéaire, le Plan Mada’In pour le repositionnement des grands sites touristiques, le tourisme rural, le tourisme de niches et le tourisme interne. L’objectif est d’accueillir 10 millions de touristes dès 2010 et 15 millions d’ici 2020. Dès 2009, une Vision 2020 devrait en effet être définie.

Prenant en compte les évolutions économiques et sociales intervenues dans le secteur de la consommation, Rawaj Vision 2020 comprend des actions transversales pour le renforcement de l’attractivité de l’offre commerciale, d’une part, et l’amélioration de l’environnement des opérateurs du commerce, d’autre part. Il prévoit également des actions sectorielles spécifiques pour le commerce de proximité, la grande et moyenne distribution et les marchés de gros, abattoirs et halles aux poissons. A l’horizon 2020, le secteur du commerce devrait contribuer à 15% du PIB national, contre 11% en 2006, et permettre la création de 450 000 emplois.

Conscient du fort potentiel de développement du secteur agricole, le Ministre de l’Agriculture Aziz Akhannouch, a lancé le plan Maroc Vert, qui repose sur 2 piliers : la mise à niveau de l'agriculture sociale et solidaire ; le développement d'une agriculture moderne. Compte tenu de la forte dépendance marocaine de sa production agricole, dont 60% de la population vit directement ou indirectement, la réussite de ce plan pourrait générer 2 fois plus d’effets que le plan Emergence.

Enfin, le Maroc s’est engagé dans un vaste programme d’investissement dans les infrastructures de base, les équipements sociaux, les zones d’activité, l’habitat, etc. Entre 2005 et 2009, les dépenses consacrées à ces infrastructures ont connu une augmentation constante, passant de 20,5 à 38,2 milliards de dirhams (1,9 à 3,4 milliards d’euros) et de 3,9% à 5,2% du PIB. Un important effet de levier sur l’investissement privé est attendu. En modernisant ses infrastructures de transport (routes, ports, voies ferroviaires, aéroports), le Maroc ambitionne de devenir une plateforme mondiale de transformation et de transit. Le recours au partenariat public-privé optimise la fonction « d’entraînement » de l’investissement public.

 

 
Un pays historiquement ouvert aux opérateurs étrangers

Ayant accueilli la réunion ministérielle portant création de l’OMC, les accords de Marrakech, le Maroc a depuis longtemps fait le choix de l’économie de marché et de l’ouverture économique. Doté d’un droit positif qui n’opère aucune discrimination entre nationaux et étrangers, le pays est ouvert aux capitaux étrangers, qui sont devenus une part importante de l’investissement. Les réformes adoptées régulièrement améliorent le climat général des affaires au profit de l’ensemble des opérateurs, qui doivent répondre au même cahier des charges : établir une relation gagnant-gagnant entre l’entreprise et le pays.

Offrant une main d’œuvre qualifiée à deux pas de l’Europe (14 km de l’Espagne), le Maroc entend se positionner en tant que plateforme de production et d’exportation du savoir-faire européen. Son statut avancé avec l’Union européenne dans le cadre de la Politique de Voisinage, son accord de libre échange avec les Etats-Unis et son adhésion à la Ligue Arabe lui ont déjà valu de nombreuses implantations d’entreprises étrangères : françaises et espagnoles historiquement, chinoises et japonaises plus récemment. Cet investissement étranger se fait dans le cadre des libéralisations et privatisations engagées dans le domaine des TIC, de l’énergie, de la distribution d’eau et d’électricité, des infrastructures, etc.

Cette ouverture progressive, qui touche la quasi-totalité des secteurs, s’accompagne de la mise en place d’un environnement favorable à l’investissement, notamment étranger. Avec l’adoption de la Charte de l’investissement, l’Etat a procédé à un profond remodelage du régime fiscal et s’emploie à fournir toutes les garanties nécessaires aux investisseurs. A travers le Fonds de promotion des investissements et le Fonds Hassan II, il soutient les projets jugés stratégiques pour l’économie marocaine. Il veille également à ce que chaque opérateur trouve un site d’implantation adapté à ses besoins : zones franches, zones de nearshoring, plateformes industrielles intégrées, etc. Enfin, des plans majeurs ont été lancés dans les domaines de l’éducation, de la formation et des technologies de l’information et de la communication en vue d’une mise à niveau du pays.

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