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PERSPECTIVES PAYS - SYRIE
Panorama général
Trait d’union entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, la République arabe syrienne est entourée par le Liban à l’ouest, Israël et la Jordanie au Sud, l’Irak à l’Est et la Turquie au Nord.
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Introduction

L’ouverture de la Syrie sur l’extérieur est encore très récente puisqu’elle date peu ou prou de l’arrivée au pouvoir du Président Bachar El Assad en 2000. La période précédente (1960-2000) avait été marquée par une économie socialiste, nationalisée, tournée vers une production autarcique visant l’autosuffisance. Depuis 2000, et surtout depuis 2003, grâce à un programme soutenu de réformes notamment financière, le paysage économique a beaucoup changé et la croissance suit une courbe ascendante et remonte graduellement de 1,3% en 2002 à 3,8% en 2005. Le PIB s’élève à 26,2 milliards d’USD en 2005 contre 20,3 milliards d’USD en 2002.

La Syrie mène une politique prudente dans les réformes économiques et administratives, qui vise à créer un environnement économique favorisant davantage la croissance économique basée sur le secteur privé sans négliger l'équilibre social. Pour ce faire, l’Etat s’est engagé dans la modernisation du système bancaire, la révision du régime des changes, la privatisation des entreprises publiques, l’amélioration du climat des affaires et la simplification des formalités douanières. Certains monopoles d’Etat doivent être ouverts à la concurrence, notamment dans les secteurs de la métallurgie, des textiles et des produits laitiers. L’accent a aussi été mis sur l’éducation et la formation.

L’agriculture est un poids-lourd de l’économie. Elle emploie 35% de la population active. Le gouvernement souhaite moderniser ce secteur, notamment les systèmes d’irrigation, pour économiser l’eau. Le coton en a été le principal bénéficiaire, à juste titre, car il est le second poste d’exportation du pays. L'industrie représente seulement 10% du produit intérieur brut. Il s'agit avant tout d'une industrie extractive qui concerne :
- le pétrole, le pays se plaçant au 29ème rang mondial avec une production de 26 millions de tonnes. Le pétrole représente 60% des recettes d'exportation syriennes avec 3,8 milliards de dollars. Mais l'exploitation tend à diminuer. La Syrie disposerait encore de 10 ans de réserves.
- le gaz naturel sur lequel les autorités font peser leurs efforts, notamment pour le substituer au pétrole, la production gazière se développe avec le projet de gazoduc reliant le port de Banias à la Jordanie ou avec le projet gazier de Deir Ez Zor (Total co-opérateur avec Conoco).
- le phosphate, dont les réserves sont estimées à plus d'un milliard de tonnes. Près de 75% de la production est destinée à l'exportation.

L'industrie manufacturière proprement dite représente moins de 6% du PIB concentrée dans le textile (30% du PIB manufacturier et 15% des exportations), l'agroalimentaire et le bâtiment.

Les autorités syriennes ont lancé dernièrement une politique de développement du tourisme. La Syrie, avec ses sites naturels et historiques, dispose en effet d'un potentiel considérable en la matière. De 36.000 lits à l'heure actuelle, la capacité hôtelière devrait passer à plus de 170 000 lits d'ici 2020 à raison de 8.000 créations par an. Environ 10 000 emplois seraient créés chaque année. Les entrées touristiques ont connu une forte progression passant de 700 000 voyageurs en 1990 à plus de 3,1 millions en 2005 (1,4 milliards d’USD de recettes soit 6,5% du PIB) mais souffre aujourd'hui du conflit en Irak. Les privatisations ne sont pas encore à l’ordre du jour. En revanche, quelques expériences sont conduites par le biais de la gestion déléguée et du système des concessions.

Le pays a enregistré 700 millions de dollars d’IDE en 2005 et 6,3 milliards de dollars d’investissements domestiques (contre 3,7 milliards de dollars en 2004).

La Syrie a signé un projet d’Accord d'association avec l'Union Européenne en octobre 2004 mais cet accord n’a pas encore été ratifié. Il prévoit que toutes les dispositions commerciales et relatives au commerce faisant partie de cet accord seront appliquées à titre provisoire jusqu'à l'entrée en vigueur de l'Accord d'association.

La balance commerciale 2004 est déficitaire de 1,2 milliards d’USD contre un excédent de 600 millions d’USD en 2003. Cette détérioration provient essentiellement du fléchissement des exportations liées à la baisse des exportations de pétrole et produits dérivés -8% et de la hausse nominale des importations de 29%. Ses trois premiers clients sont l'Italie, la France et l'Irak. La Syrie exporte principalement du pétrole, des produits textiles, du coton et des produits alimentaires. Les trois premiers fournisseurs du pays sont l'Ukraine, la Chine et la Russie. Le pays importe principalement des biens d'équipement, des produits de consommation et des véhicules.

La politique économique est planifiée dans les plans quinquennaux de développement et le 10ème Plan de développement économique et social qui vient d’être publié couvre la période 2006-2010. Ce plan fixe les objectifs et le cadre de l’économie sociale de marché. La principale ligne directrice de ce plan est le désengagement progressif de l’Etat pour doper la compétitivité et la concurrence sans négliger l'équilibre social. L'économie syrienne aura besoin de 1 800 milliards de livres syriennes (34 milliards de dollars) d'investissements, sur les cinq ans à venir, pour atteindre un PIB de 7% en 2010. Les principaux objectifs qui le sous-tendent sont :
- l’ouverture des secteurs économiques publics aux investissements privés ;
- la recherche d’une croissance justement répartie dans les 14 gouvernorats, notamment en inscrivant comme priorité majeure le développement du désert syrien et des régions de l’Est ;
- l’élévation du niveau des structures sociales et du niveau de vie et la lutte contre la corruption (notamment dite de survie).
 
Défis

Entouré du nord au sud par la Turquie, l’Irak, la Jordanie et Israël, à l’ouest par le Liban, le pays est au cœur d’une zone mouvementée.

Le conflit en Irak a provoqué deux chocs pour l’économie syrienne : un choc commercial avec la disparition des exportations vers l'Irak qui représentaient, à la faveur de l’embargo, l'un des principaux débouchés pour les produits syriens et un choc financier du fait de l'interruption des livraisons pétrolières irakiennes.

Avec un déficit budgétaire en hausse, les principaux défis auxquels est confrontée la Syrie sont le développement de la croissance et de l'emploi, la diversification de la structure économique, la réduction de sa dépendance vis-à-vis des revenus du pétrole, la mise en place de réformes d'envergure permettant d'améliorer l'environnement commercial, la rationalisation et l'amélioration de la qualité du secteur public, le renforcement de l'état de droit ainsi que le développement et la modernisation du système de santé et d'éducation.

Le chômage touche 25% de la population, dont une majorité de jeunes. La croissance ne permet pas de bloquer la montée du chômage.

L'accélération des réformes s'impose pour faciliter les investissements privés.

Les sanctions des Etats-Unis, les incertitudes politiques et l'escalade des tensions régionales, pèsent sur l'environnement des affaires.
 
Points forts

La Syrie est engagée dans un processus de libéralisation de son économie pour attirer les investissements, relancer la croissance et créer des emplois, mais les progrès sont lents.

Le secteur du tourisme constitue un fort potentiel de développement.

La régularisation des arriérés de paiement et l'annulation de dette consentie par la Russie ont allégé considérablement l'endettement extérieur.

Les avoirs du pays à l'étranger représentent deux ans d'importation.

De nombreux efforts ont été réalisés pour attirer les investisseurs étrangers. La loi n°10 sur l’investissement, entrée en vigueur en 1991, y a fortement contribué. Par exemple, les sociétés sont exonérées d’impôt sur les bénéfices pendant sept ans.

Le gouvernement syrien a réalisé certaines avancées en matière commerciale en réduisant la liste des produits interdits à l’importation, en supprimant les droits exclusifs des commissionnaires à l'importation et en regroupant les monopoles à l'importation. Les droits de douane sur les matières premières importées ont été réduits et le Système harmonisé a été mis en place. Bien qu'étant encore de portée très limitée, les comptes en devise étrangère pour les résidents ont été autorisés.

Autre mesure, les importations de machines, équipements et véhicules sont libres de toute taxe. Depuis un décret datant de 2000, il est également possible de rapatrier ses capitaux. Enfin, le pays s’ouvre aux pays voisins. Ainsi, il a signé des accords avec la Jordanie, l’Arabie Saoudite, l’Irak, l’Egypte … Une zone de libre échange pourrait même voir le jour en 2005 dans la région.
 
Repères

Capitale Damas
Superficie 185 180 km2
Population 18 700 000 habitants
Langues Arabe, anglais
PIB (dollars) 26 milliards (2005)
PIB per capita (dollars) 1 418 USD – 3 847 USD en ppp. (2005))
Monnaie Livre syrienne (SYP)
1 EUR = 66,53 SYP – 1 USD = 52,21SYP
Religion Musulmans (90%), chrétiens (10%)
Fête nationale 17 avril (départ des Français en 1946)
Accord d’Association avec l’UE

Signé le 19/10/2004, en cours de ratification.
Site web de la Délégation de l’UE :
http://www.delsyr.cec.eu.int/

Adhésion à l’OMC Négociations en cours

Sources : FMI, WDI 2006 et Consultations Article IV 2005, Country Report 05/355, octobre 2005.
 
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