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FOCUS PAYS - TUNISIE
Panorama général

Par son climat, sa proximité avec l'Europe et le niveau relativement élevé des qualifications de sa population, la Tunisie dispose de nombreux atouts économiques...

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Une montée en gamme de l’économie pour résister à la concurrence internationale

Cliquer ici pour télécharger l'étude complète sur la Tunisie ou Cliquer ici pour télécharger la fiche pays

Dès les années 70, la Tunisie a opté pour un modèle économique orienté vers l’exportation. En 1995, elle a lancé un programme national de mise à niveau industrielle en vue d’accroître la compétitivité de ses entreprises et de les insérer sur les marchés internationaux. En 2008, plus de 4 000 entreprises y participaient. D’ici 2011, elles devraient être 4 800. Les projets financés ont permis de porter la part d’entreprises industrielles totalement exportatrices à 45% en 2007. Un régime particulier exempte d’impôt sur les bénéfices les entreprises qui produisent au moins à 85% pour l’export. Les exportations industrielles (hors agro-alimentaires) ont ainsi été multipliées par 4 par rapport à 1996, atteignant 12 milliards de dinars tunisiens (7 milliards d’euros) de recettes (84% des exportations nationales).

Profitant de sa proximité géographique et culturelle, la Tunisie a progressivement renforcé ses relations avec l’Union européenne, qui est devenue son premier partenaire industriel et son premier client (80% des exportations industrielles). Depuis 1996, les exportations vers les pays membres ont connu une croissance moyenne de 10% par an. Ce développement rapide a été permis par les importants efforts consentis par la Tunisie pour privilégier l’éducation et la formation professionnelle, améliorer ses infrastructures de transport et de logistique, développer des plateformes de production répondant aux standards internationaux et encourager les échanges extérieurs.

En 2008, son entrée dans la zone de libre échange de l’Union européenne a laissé entrevoir de nouvelles opportunités mais aussi de nouveaux défis. Fortement dépendante des exportations et des investissements directs étrangers, l’économie tunisienne est très exposée au contexte mondial. Face à l’émergence de pays offrant des coûts de production imbattables, une évolution de son positionnement s’avérait indispensable.
Afin de fixer un cap à moyen terme, le gouvernement a adopté une nouvelle stratégie industrielle à l’horizon 2016. Elle vise à différencier la Tunisie de ses concurrents, notamment asiatiques, en complétant son positionnement de « back office » / « nearshore industriel » par des fonctions de « hub » et d’ « innovation ». D’une part, il s’agit d’intégrer le « site Tunisie » dans une chaîne de valeur régionale, voire mondiale, en améliorant l’efficacité logistique. D’autre part, la promotion de l’innovation, à travers l’éducation et la formation, doit permettre d’accroître la valeur ajoutée de la production. D’ici 2016, l’objectif est de doubler les exportations, pour atteindre les 17,5 milliards d’euros.

Dans cette perspective, 3 axes de développement ont été retenus :
- « Faire monter en gamme les secteurs industriels historiques » : textile, habillement, cuir et chaussures ; agro-alimentaire ; chimie des phosphates ; matériaux de construction ;
- « Diversifier le tissu industriel tunisien et faire émerger des secteurs nouveaux » : industries électronique, automobile et aéronautique (aussi appelées industries mécanique et électrique, IME) ; plastiques techniques ; industrie pharmaceutique et biotechnologies ; TIC, centres de services et autres services liés à l’industrie ;
- « Préparer la prochaine vague de secteurs et d'entreprises qui régénéreront le tissu économique tunisien, en favorisant l'apparition de pépites au croisement fertile entre plusieurs secteurs industriels tunisiens » : la mécatronique par exemple.

La réussite de cette stratégie nécessite l’implantation de grands groupes ou « entreprises locomotives ». Pour les attirer, des pôles de compétitivité seront créés dans 4 secteurs clés : le textile-habillement ; les IME ; l’agro-alimentaire ; les TIC. D’ici 2016, ils devront accueillir 1 000 entreprises et 40 000 emplois. Un autre exemple de réussite récente est la création d’une activité aéronautique, associant un groupe de sous-traitants ou partenaires du programme Airbus.

En plus des services liés à l’industrie, la Tunisie souhaite développer le commerce, les activités de loisirs et le tourisme. En diversifiant ainsi son économie, elle espère limiter sa vulnérabilité aux aléas du contexte mondial.
 
Un ciblage des IDE à forte intensité technologique en vue d’accroître la valeur ajoutée des exportations

Dans la continuité des 40 dernières années, la stratégie tunisienne est orientée vers un développement économique à l’export. Or, 80% des exportations sont le fait de sociétés étrangères ou à capital étranger implantées en Tunisie. Fin 2008, le pays comptait 2 966 entreprises étrangères ou à capital mixte. Les flux croissants d’IDE dont il a bénéficié, passant de 347 millions de dinars tunisiens (208 millions d’euros) en 2006 à 485 millions (283 millions d’euros) en 2007, ont permis de dynamiser l’industrie. La moitié a été investie dans les industries mécaniques et électriques et dans le secteur du textile-habillement.

Cette forte attractivité résulte de la consécration par la loi, dès 1994, de la liberté d’investir dans la plupart des secteurs. S’appliquant aussi bien aux investisseurs nationaux qu’étrangers, ces derniers peuvent réaliser leur projet sans nécessairement s’associer à un partenaire local. Qui plus est, de nombreuses mesures visant à améliorer l’environnement des affaires et ôter tout obstacle à l’investissement ont été prises ces dernières années : simplification administrative, fiscalité avantageuse, démantèlement des barrières douanières, incitations à l’investissement, accès au financement, etc. Elles sont particulièrement favorables aux entreprises exportatrices.

Pour atteindre les objectifs de sa nouvelle stratégie industrielle, la Tunisie devra totaliser 1,8 milliard d’euros d’investissements industriels d’ici 2016, soit le triple du volume de 2007. Une contribution importante des IDE est attendue.

Historiquement tourné vers les activités à faible valeur ajoutée et fortement consommatrices en main d’œuvre, le pays cible maintenant un spectre plus large de projets, et plus particulièrement ceux à forte intensité technologique, nécessitant une capacité de R&D importante et une main d’œuvre qualifiée. Ce nouveau ciblage implique une évolution de sa politique vis-à-vis des IDE, davantage concentrée sur des mesures liées à l’éducation, la formation, la R&D et l’innovation.

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