| PERSPECTIVES PAYS - TUNISIE |
| Panorama général |
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Introduction |
La Tunisie a opté très tôt pour le développement d’une économie de marché ainsi que pour une intégration progressive dans l’économie mondiale. Cette politique économique a permis d’améliorer la capacité d’adaptation du secteur privé, de diversifier sa base industrielle et de mieux contenir le coût social de l’ajustement, nécessaire pour garantir la stabilité politique et sociale. Dans ce contexte, la Tunisie a été le premier pays à signer, en 1995, un accord de libre-échange avec l’Union Européenne dans le cadre de l’initiative Euromed.
Entre 1992 et 2005, le PIB de la Tunisie a augmenté de 4,1% par an en moyenne avec 6% enregistrés en 2004, 4,2% en 2005 et 4% en 2006 en dépit de l’intensification de la concurrence internationale et de la flambée des prix du pétrole et ce, en raison de l’évolution favorable des services comme le tourisme (6,4 millions de touristes et 2,563 millions DT soit 12,5% des recettes courantes), le transport aérien, les télécommunications et les nouvelles technologies. Pour l’année 2006, les autorités tunisiennes tablent sur une croissance du PIB de 5,8%.
Le secteur manufacturier, en particulier l'industrie du textile-habillement, a été le fer de lance du développement économique tunisien depuis 1972, stimulé par une politique d'encouragement des investissements étrangers et des exportations. Environ 42% de la production manufacturière totale est exportée grâce notamment aux activités de sous-traitance. L’industrie manufacturière représente 20% du PIB et emploie 20,5% de la main d’œuvre, alors que l’agriculture et la pêche contribuent à 14,3% du PIB (22% de la main d’œuvre) et le tourisme à 15,6% du PIB. Le pays compte plus de 10 000 entreprises industrielles. Les domaines les plus représentés sont le textile et cuirs (32,3% du PIB), l’industrie agroalimentaire (18,9% du PIB), la mécanique, électrique, et l’électronique (16,5% du PIB) et la chimie (10,4% du PIB). L'industrie des composantes automobiles a elle aussi, connu une croissance dynamique au cours de la dernière décennie. Le secteur des technologies de l’information et de la communication est en plein essor depuis 1997 grâce au triplement des investissements dans ce secteur et à la création du Parc Technologique des Télécommunications qui offre un environnement propice aux activités de services à haute valeur ajoutée et particulièrement le développement des logiciels et le développement des call-centers. Dans la perspective de la création de la zone le libre-échange avec l’UE, un programme de "mise à niveau" de l’économie a été lancé en 1996 afin de renforcer la compétitivité des entreprises manufacturières et des entreprises de services connexes au secteur manufacturier. Parallèlement, une stratégie de promotion des exportations a été lancée visant à renforcer les capacités exportatrices des entreprises ; le projet de la liasse unique à l'importation et à l'exportation en est une composante. Le Gouvernement a également mis en place dès 1989 un cadre législatif pour les privatisations.
Le système financier a fait l'objet de plusieurs réformes dans le but d'assainir la situation financière des banques et des sociétés d'assurance, et de diversifier l'offre de produits financiers aux opérateurs économiques. Grâce à une politique monétaire prudente de la Banque centrale de Tunisie (BCT), le taux d'inflation est passé de 6,3% en 1995 à environ 2% actuellement.
Le dinar tunisien n’est convertible que pour les opérations courantes et un marché des changes a été créé récemment, l’objectif étant d’atteindre à terme la convertibilité totale du dinar.
La dette publique totale de la Tunisie est projetée à environ 16,3 milliards de dollars en 2005 (57,6% du PIB) et sa dette extérieure à 15,7 milliards de dollars (54,9%).
Grâce à sa politique d’ouverture commerciale, la Tunisie se caractérise par le dynamisme des exportations, la contraction croissante du déficit commercial et la diversification de la base exportatrice. En 2005, le volume des échanges commerciaux a atteint 31 milliards DT (19 milliards d’euros) et ce malgré une conjoncture internationale difficile : fin de l’Accord multifibre, hausse du prix du pétrole, ralentissement de la croissance en Europe. La couverture des importations par les exportations est passée de 69,6% en 2001 à 79,6% en 2005. Le déficit commercial reste toutefois à des niveaux élevés, 9,3% du PIB (contre 14,5% en 2001).
Les principaux produits exportés sont les vêtements, textiles, cuirs, chaussures (près de la moitié du total) ; les équipements électriques pour l'industrie automobile ; les produits chimiques (principalement des engrais phosphatés) ; et les combustibles (principalement le fuel-oil). Les importations sont plus diversifiées, et englobent à la fois les textiles (généralement destinés à la confection de vêtements), les produits agricoles (surtout des céréales et autres produits alimentaires) et des biens industriels. Globalement, les matières premières et produits semi-finis comptent pour près de 30% des importations.
L'essentiel des échanges de la Tunisie se fait avec l'UE : près de 70% des importations tunisiennes proviennent de l’UE, qui absorbe également 80% des exportations du pays. En 2005, les importations tunisiennes en provenance de l’UE se sont élevées à 7,32 milliards d’euros et la part de marché de l’UE est passée de 71,6% en 2001 à 69% sur 2005. En ce qui concerne les exportations tunisiennes vers l’UE, elles atteignent 6,75 milliards d’euros. La France fournit à elle seule plus de 33% des importations totales, et le tiers des débouchés d'exportation ; suivie par l'Italie, l'Allemagne et l’Espagne.
La Tunisie est traditionnellement exportatrice nette de services. Le tourisme compte pour plus de la moitié des recettes en devises provenant des services non-facteurs (2,564 milliards de dinars en 2005). Les revenus tirés des rapatriements des travailleurs tunisiens vivant à l'étranger sont en constante progression et se placent actuellement juste derrière les recettes touristiques (1 783 millions de dinars en 2005).
Cet environnement macro-économique favorable a permis à la Tunisie d'attirer de plus en plus d'investissements directs étrangers dans divers secteurs tels que le textile, les industries mécaniques, électriques et électroniques, les industries des matériaux de construction (cimenteries) et les services.
A fin 2005, plus de 2 700 entreprises étrangères ou mixtes opéraient en Tunisie employant près de 260 000 personnes. 72% de ces entreprises sont totalement exportatrices. Les IDE représentent 10% des investissements productifs, génèrent le tiers des exportations et un sixième des emplois. De 1990 à 2005, les investissements directs étrangers (IDE) sont passés de 78 millions de dinars à environ 1016 millions de dinars (2,7% du PIB). Plus de 32% des montants investis l’ont été dans les industries manufacturières ; 38% dans l’énergie ; 22,4% dans les services dont 2,8% dans le tourisme et l'immobilier et 1,3% dans les activités agricoles. Les IDE proviennent principalement de l'UE, des États-Unis, et des pays du Moyen-Orient.
La Tunisie est l’un des premiers pays signataires de l’Accord d'association avec l’UE dans le cadre du processus de Barcelone, conclu le 17 juillet 1995 et entré en vigueur le 1er mars 1998, mais le démantèlement tarifaire a été appliqué par anticipation par la Tunisie à partir du 1er janvier 1996. Cet accord prévoit la libéralisation réciproque des échanges de marchandises à l'horizon 2008. L'Accord prévoit le commerce en franchise de droits de douane sur la plupart des importations de produits industriels, 12 ans après son entrée en vigueur. Les droits de douane de la liste 1 (biens d'équipement et intrants) ont été démantelés dès 1996. Les produits de la liste 2 (matières premières et biens intermédiaires non fabriqués localement) entrent en franchise depuis 2001. Les listes 3 et 4 sont composées de produits fabriqués localement. La liste 3 comprend des produits jugés susceptibles de faire face à la concurrence extérieure : l'élimination de leur protection se fait sur une période transitoire de 12 ans (1996-2007), avec franchise totale prévue en 2008. Enfin, la liste 4 concerne des produits industriels fabriqués localement et pour lesquels la réduction tarifaire est prévue après une période transitoire de 4 ans (1996-99), sur une période de 8 ans (2000-07), pour une entrée en franchise en 2008.
La Tunisie est en outre un membre originel de l'OMC et est membre de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) regroupant la Libye, l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et de la Ligue des États Arabes. Elle a conclu l'accord arabo-méditerranéen de libre-échange entre la Tunisie, le Maroc, l'Égypte et la Jordanie (Accord d’Agadir) signé le 25 février 2004 ; l'accord de libre-échange avec la Turquie signé le 25 novembre 2004 en vigueur depuis juillet 2005 ; et l’accord de libre-échange avec l'Association Européenne de Libre Échange (AELE) conclu le 17 décembre 2004. |
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Défis |
Des facteurs exogènes comme la demande européenne et les aléas climatiques déterminent fortement le niveau de la croissance.
Un effort accru d'investissement et de modernisation des entreprises s'impose pour améliorer la compétitivité des produits tunisiens, notamment dans le secteur textile.
La situation du système bancaire demeure fragile et réduit l'accès au crédit des entreprises.
La Tunisie ne dispose pas de ressources naturelles nombreuses et est dépendante pour ses besoins énergétiques des importations et donc des cours mondiaux du pétrole.
Le chômage touche 14,2% de la population active. Il est accentué par l'arrivée de nombreux jeunes diplômés sur le marché de l'emploi. Le principal défi est d’accroître le rythme actuel de la croissance économique annuelle d'au moins 1-1,5% jusqu'à 2010 afin de réduire le chômage qui affecte de plus en plus les diplômés. |
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Points forts |
La mise en œuvre de réformes économiques attire les investisseurs étrangers. Cette politique est facilitée par le soutien de l'Union Européenne et de la communauté internationale.
La solvabilité du pays lui garantit un accès aux marchés internationaux de capitaux.
La diversification croissante de l'économie renforce sa résistance aux chocs conjoncturels.
La Tunisie jouit d’une position stratégique en Méditerranée. Tunis est à 2 heures de vol en moyenne des principales capitales européennes.
Un système social développé et une politique d'éducation ambitieuse visent à atténuer le coût social de l'ajustement et à renforcer la modernisation du pays
La Tunisie dispose d'une main d'œuvre qualifiée, productive et de niveaux de salaires compétitifs. Grâce aux réformes de l'éducation, les nouveaux entrants dans le marché de l'emploi parmi les hauts diplômés représentent plus de la moitié des demandes additionnelles prévues pour la période 2002-2006.
Par ailleurs, la Loi de Finances 2007 ainsi qu’un ensemble de mesures en faveur de l’innovation technologique et de la compétitivité économique dessinent un terrain très favorable pour les PME. Le gouvernement s’est en effet fixé comme objectif de voir la création de 70 000 entreprises d’ici 2009. Deux outils ont notamment été créés fin 2006, la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) pour financer les projets innovants et la Société tunisienne de garantie (SOTUGAR) pour sécuriser les bailleurs de fonds et garantir la rentabilité des projets.
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Repères |
| Capitale |
Tunis |
| Superficie |
162 155 km2 |
| Population |
10 175 014 habitants |
| Langues |
Arabe, français, italien parlé couramment |
| PIB (dollars) |
31,9 milliards (2005) |
| PIB per capita (dollars) |
3 148 USD, 8 600 USD en ppp. (2005) |
| Monnaie |
Dinar Tunisien (DT)
1 DT = 1,24 USD – 1,61 EUR (2005) |
| Religion |
Musulmans (98%) |
| Fête nationale |
20 mars (Indépendance en 1956) |
| Accord d’Association avec l’UE |
Signé le 17 juillet 1995, en vigueur depuis le 1er mars 1998.
Site web de la Délégation de l’UE :
http://www.deltun.ec.europa.eu/
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| Adhésion à l’OMC |
Membre depuis 1995 |
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Sources : FMI, WDI 2006 et Consultations Article VI 2005, janvier 2005.
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